C’est l’été

le

Bonjour,

ce blog est resté un peu en veille du fait de diverses et nombreuses autres occupations. Par exemple, autour de l’aventure des Cahiers de Saint-Lambert (http://les-cahiers.fr). A découvrir ! Voire soutenir, qui sait ?

En attendant, voici quelques nouvelles fraîches…

____________________________________________

Divers rendez-vous récents en France autour des questions de l’écologie ont eu lieu. Un des plus significatifs récemment a été la rencontre « Eglise et Biodiversité » qui s’est déroulé à la Maison des Evêques à Paris. Une première pour ce thème souvent un peu éloigné des thématiques sociales des catholiques français. Voici un compte rendu envoyé par un de ses organisateurs. Vous trouverez les textes et d’autres informations sur le site :

http://www.penseesociale.catholique.fr/-Environnement,642-.html

http://www.eglise.catholique.fr/eglise-et-societe/developpement-durable/-ecclesiodiversite-au-colloque-biodiversite-et-foi-chretienne–8220.html

Colloque « Biodiversité et foi chrétienne »

« Heureusement qu’il y a eu cette journée, sinon je n’aurais jamais imaginé que les évêques puissent s’intéresser à la biodiversité. Les franciscains, peut-être, mais les évêques !… » C’était le samedi 5 juin, à la fin de la journée « biodiversité et foi chrétienne » organisée à la maison de la conférence des évêques de France, à Paris, par Pax Christi et le service « Famille et Société ». Cette participante demandait déjà quand aurait lieu la prochaine rencontre.

Pour la centaine de participants, venue de toute la France et même de Suisse et des Pays-Bas, la rencontre s’est tissée autour de trois dynamiques.

D’abord, un partage d’expériences très diverses et souvent riches a eu lieu, en atelier et dans les rencontres personnelles : de la randonnée biblique au groupe de travail pour élaborer un kit de lancement d’agenda 21 ; de la création d’une réserve naturelle avec une pédagogie chrétienne, au lancement d’une revue ouvrant au sens spirituel de l’écologie, en passant par l’organisation de célébrations œcuméniques ou inter-religieuses du Créateur. Monseigneur Marc Stenger, évêque de Troyes et président du groupe de travail « environnement et écologie » que viennent de se donner les évêques, s’est réjoui de cette « ecclésiodiversité » qui peut nous aider à faire communauté avec toute la Création.

Ensuite, trois apports se sont croisés, avec une complémentarité qui a surpris autant les organisateurs que les participants.

Jacques Blondel, biologiste, spécialiste de la dynamique de cette biodiversité, a mis en évidence que ce qui est le plus précieux dans la diversité des formes de vie, c’est l’associations de leurs complémentarités. Le développement de la vie se fait grâce aux inter-relations entre les êtres vivants. L’homme ne peut vivre qu’avec les milliards de bactéries qui s’activent et se relaient dans son corps. Au delà de l’importance emblématique de la protection d’espèces remarquables, l’enjeu majeur est d’éviter que des cycles biologiques vitaux ne soient rompus par la disparition de certains organismes vivants qui les constituent et qui ne sont, souvent, pas spectaculaires.

Jean Bastaire, écrivain chrétien, pionnier de la réflexion chrétienne sur l’écologie, a surpris son auditoire en constatant, chez Paul Claudel, l’expression d’une théologie de l’écologie, avant même que ce concept ait émergé. Il y a une homogénéité de toutes les créatures qui servent les unes aux autres suivant leur nature et leur degré. L’une achève ce que l’autre commence. Et la relation ininterrompue entre elles est le lien de la charité. Voilà que ce lien, essentiel pour les chrétiens dans leur relation entre eux ou avec Dieu, concerne aussi toutes les créatures !

Elena Lasida, professeur d’économie sociale et solidaire, spécialiste du développement durable, a invité les participants à déchiffrer plusieurs convergences entre biodiversité, message biblique et questions économiques. Observer le fonctionnement de la biodiversité permet d’inverser notre regard pour sortir des impasses de l’économie. Par exemple, le manque. Chez les vivant, c’est lui qui permet la complémentarité, la relation. Alors, la consommation économique ne devrait-elle pas viser aussi le développement de la relation plutôt que le remplissage du manque ? Les débats qui ont suivi ces apports manifestaient leur puissance d’interpellation.

La troisième dynamique de cette journée était celle de l’expérience vécue. Un atelier a entraîné les participants dans le jardin de la Conférence des évêques pour y observer les oiseaux et découvrir ces minuscules animaux qui rendent un sol vivant. Puis, dans celui de la paroisse St François Xavier, à proximité, c’est l’exubérance des plantes et des fleurs qui a enchanté le regard ; y compris une collection de plantes dont parle la Bible. Un bouquet en a été cueilli, apporté dans la chapelle pour la célébration finale. Célébration œcuménique du Créateur, autour de textes bibliques. Et quand, de cette assemblée qui avait réfléchi, discuté et partagé, s’est élevé le chant du « Notre-Père », à plusieurs voix entremêlées de chants d’oiseaux, beaucoup ont ressenti que le lien entre biodiversité et foi chrétienne n’était plus simplement une idée : nous le vivions.

Jean-Hugues Bartet

Directeur adjoint chargé du

département « Environnement et Modes de Vie »


Laisser un commentaire