L’écologie passe la deuxième chez les Evêques de France

La dernière Assemblée plénière des Evêques catholiques de France aura été l’occasion de diverses interventions autour des thématiques écologiques, à côté d’autres questions d’actualité, telles la crise sociale en France (retraites…), la place de la famille et les questions bioéthiques etc. C’est d’ailleurs en tirant un lien entre les questions de la bioéthique familiale et celles de l’écologie que le président de la Conférence a ouvert les débats.

La réflexion sur la loi de bioéthique conduit à prendre mieux conscience de la responsabilité humaine dans la gestion de l’univers qui nous est confié. La responsabilité éthique ne se divise pas : le respect de notre propre dignité va de pair avec le respect de la création. C’est aussi à quoi nous travaillerons avec le groupe sur l’environnement et l’écologie.

Mgr Stenger, évêque de Troyes et responsable de Pax Christi, a mené les travaux, proposant d’abord d’écouter les interventions de deux experts. Polytechnicien, conseiller dans la finance, Michel Lepetit a dressé un état des lieux des ressources énergétiques (pétrole, gaz et charbon) et expliqué qu’elles ne sont pas infinies. Prônant une économie décarbonée, il a dressé un tableau lucide des évolutions économiques et climatiques en cours, si nous poursuivons les pratiques actuelles.

Puis est intervenu Dominique Bourg. Ce philosophe mène depuis plusieurs années sur le développement durable et l’environnement. Il a souligné ainsi comment ces trente dernières années ont servi un modèle de développement qui est en échec. Le progrès technologique ne peut pas être le seul levier a t-il rappelé, car il ne fait qu’entretenir les excès en cours.  Il s’agit donc pour lui de « réinterroger les fondamentaux de notre civilisation ».  Une tâche que les évêques peuvent accompagner, par des décisions prophétiques dans le sens d’un autre modèle de croissance économique.

Plusieurs carrefours ont ensuite été proposés aux évêques : agriculture, énergie, réchauffement climatique, économie & environnement, préservation de la biodiversité. Autant de lieux de réflexions dont Mgr Stenger rendra les conclusions aujourd’hui (8 novembre).

Dominique Greiner, rédacteur en chef du journal La Croix s’interroge, non sans une pointe d’ironie, si cette prise de conscience en cours autour des « ressources rares » ne pouvait que trouver écho auprès d’évêques qui ont déjà une expertise en la matière, concernant les « ressources humaines et financières ». Et de noter :

Confrontés à la rareté, les évêques ont progressivement acquis une véritable conscience écologique. Désormais, elle marque toute leur réflexion. Ce fut particulièrement clair dans le discours d’ouverture du cardinal André Vingt-trois. il a souligné combien les dossiers importants du moment -crise sociale autour du débat sur les retraites, future révision des lois de bioéthique…- sont des questions écologiques de premier ordre, qui interpellent la conscience humaine quant à sa manière de gérer l’univers confié sa responsabilité. (Extrait – La Croix, Lundi 8 novembre 2010, p. 18)

Avec cette question qui, dans les milieux chrétiens, devient incontournable et qui se présente aussi comme une interpellation fraternelle pour tous les acteurs de l’écologie contemporaine : il n’est plus possible de séparer les perspectives de la bioéthique humaine (dignité de l’embryon, euthanasie, rapport au corps etc…) et de la bioéthique du vivant. De belles rencontres en perspectives pour les hommes et les femmes de bonne volonté qui ont ce sens de la dignité commune à tous, dans la singularité de chacun.

DL

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Fobasso jean claude dit :

    evidament

  2. Anne-Marie Béneix dit :

    Je ne veux pas « occuper l’espace ». je voudrais vous faire réfléchir sur le mot « dominer » dans  » Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la », puisque Mrg. XXIII réutilise le mot « dominer ».
    Selon moi, dominer vient de dominus, mot latin qui signifie quelque part, l’action du maître. Or, pour nous le maître ne peut être que le Dieu de J-C.
    Et que voit-on ? Il donne à manger aux oiseaux, il régénère les lieux arides, il restaure Israël(même si nous sommes horrifiés par la politique de l’Etat), il circule incognito et nos contemporains le surnomme « hasard ». Il n’appartient à personne et donne à tous généreusement. Disons qu’il désespère les autorités, mais réjouis les impuissants, il est la dernière ressource des accablés, des démunis; alors les biens-pensants expliquent que « ça vient de l’imagination » et dès qu’on s’en sort, nous oublions à quel point nous avons été soutenus. L’être humain est un ingrat, mais nous ne sommes pas là pour faire son procès, mais pour réaliser ce que « dominer » signifie.
    Oui, nous sommes à son image, mais pour le moment nous projetons sur lui nos rêves de grandeur, de puissance, de hiérarchie, d’ordre, etc. . Être à l’écoute du Maître pour recevoir instructions et agir selon sa volonté signifie abandonner nos savoirs, tous nos savoirs.

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