Acteurs de dialogue

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Dans un entretien accordé à l’AFP, Mgr Stenger précise le sens de la démarche proposée aux évêques de France, autour des questions écologiques lors de l’Assemblée plénière à Lourdes. Le président de Pax-Christi-France aimerait que la parole de l’Eglise sur cette question soit plus « incarnée » tout en évitant les confrontations stériles. C’est davantage comme acteurs du dialogue social que les chrétiens peuvent agir au mieux, en donnant « du sens au débat ». « Nous n’avons pas la maîtrise des évolutions mais nous ne pouvons pas ignorer le problème, nous devons réfléchir aux solutions alternatives« . Pour lui, « l’Eglise est le seul lieu non conflictuel de prise de parole sur ces sujets« , particulièrement en ce qui concerne le monde rural.  A partir des « fondamentaux bibliques » que constitue notamment la théologie de la Création, c’est un sens renouvelé de la responsabilité, autant pour la défense de la biodiversité que pour la gestion des ressources naturelles. « Solidarité et frugalité vont de pair avec justice et solidarité« , ajoute-t-il.

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  1. Béneix Anne-Marie dit :

    « Nous n’avons pas la maîtrise des évolutions mais nous ne pouvons pas ignorer le problème, nous devons réfléchir aux solutions alternatives »
    « Nous n’avons pas la maîtrise des évolutions » et il faut nous réjouir de la réalité de cette impuissance. Car l’impuissance est comme le vide retenu dans les hémisphères de Magdebourg. Mais jusqu’à ce jour, les hommes ont toujours voulu avoir la maîtrise (d’autrui, de la situation, des humains). Maintenant, que nous acceptons notre impuissance, il y a un gigantesque travail de réflexion à mener.
    Quel sens donnons-nous par exemple au travail ? Je crois me souvenir que St Benoît encourageait les siens à s’occuper les mains. Si on considère le travail comme une activité rémunérée, la prostitution est un travail, les mercenaires travaillent, les dealers, les passeurs, toute l’économie souterraine qui fait violence aux humains, est « travail ». Or je crois que le travail(temps au service de la communauté humaine) donne à l’individu le temps dont il a besoin pour devenir « responsable ». Ce n’est que lorsque l’individu s’est structuré grâce aux échanges et confrontations sur les lieux du travail, qu’il a réfléchit à ce qu’il traversait, qu’il sait et peut défendre ses propres valeurs. Il est alors en mesure d’avoir les mots pour exprimer une pensée personnelle. Partant de là, il peut enrichir la communauté par son engagement. C’est Sa Réponse à Dieu.
    Et le retard qu’ont pris les religieux quant à l’écologie me semble significatif de leur idéologie sur l’homme, image de Dieu. Parce qu’ils ont donné à l’homme la primauté, ils ont permis la mise en place de structures qui ne respectent pas la création. Les structures, élaborées et animées par des hommes, se croient investis par la « responsabilité » puisque elles ont le cadre juridique de « personne morale ». En fait elles servent de levier au politique. Nous nageons en plein symbolisme; mais ce n’est pas Dieu qui a créé ces formes juridiques. C’est notre idéologie.
    Puisque nous avons devoir de soulager nos contemporains et les êtres vivants qui croissent sur la terre, il me semble qu’il serait souhaitable de trier dans les différentes structures et outils sociaux qui sont en place, quels sont ceux et celles qui peuvent encore être utiles, ceux ou celles qui doivent être éliminés (parce que nocifs, inutiles) ceux et celles qui peuvent être améliorés. Exemple, parmi les inoffensifs, je verrai les nations et tribus(parce que je crois que tous les humains se sentent plus ou moins appartenir à une de ces entités). Par contre l’État est nocif puisque ce qu’il recherche c’est la maîtrise de ses ressortissants, et la grandeur de son nom. Il n’est pas tolérable qu’une structure se donne les moyens de contrôler, d’établir des critères, de dire le droit, alors que la politique ne vise que l’accroissement du PIB.
    L’économie actuelle n’est pas une économie, c’est l’organisation de la prédation. L’économie des végétaux(la photosynthèse) est infiniment plus équilibrée, ne laisse aucun déchet, offre un bénéfice certain à toute la biosphère. Si nous pouvons considérer le règne animal comme l’expansion potentielle des différentes formes du vivant, l’être humain ne sait toujours pas quelle est sa vocation. Personnellement, je suis certaine qu’il est appelé à la liberté non pour faire ce qui lui plaît, mais pour élargir l’espérance, approfondir la fidélité, magnifier la confiance.
    Je me permet de rappeler ces mots de R. Wurmbrand: »l’espoir le plus dénué de fondement est plus fondé que le désespoir le plus raisonnable. » Il nous appartient de construire une économie digne du Vivant.

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