En attendant un texte plus complet pour se faire une opinion précise, l’AFP annonce le 30 novembre que « l’Académie pontificale du Vatican a donné mardi son feu vert aux plantes génétiquement modifiées (OGM), estimant qu’elles ne présentaient pas de caractère intrinsèquement dangereux. »
Il semble que l’Académie ait commandité une étude en mai dernier, dont le texte doit être publié dans la revue New Biotechnologia. Une question en passant : pourquoi dans cette revue ?
L’étude est le fruit du travail d’une quarantaine de scientifiques, dont 7 membres de l’Académie elle même. Parmi les déclarations que l’AFP a pu récolter on notera :
« Il n’y a rien d’intrinsèque dans le recours à l’ingénierie génétique pour l’amélioration des cultures qui rendrait dangereux les plantes elles-mêmes ou les produits qui en sont dérivés »
Le texte semble incomplet (il n’y a rien d’intrinséque ??). Par ailleurs, cette affirmation quasi ontologique n’est pas de bon augure quant à l’articulation scientifique du texte…
« Plus d’un milliard de personnes, sur les 6,8 milliards composant la population mondiale, sont actuellement sous-alimentées, une condition qui requiert le développement urgent de nouveaux systèmes et technologies agricoles » (…) « L’utilisation appropriée de l’ingénierie génétique et d’autres techniques modernes dans l’agriculture contribue à faire face à ces défis » (…) « La communauté scientifique devrait développer la recherche et le développement afin d’aider à améliorer la productivité agricole » (…) « Un engagement particulier en faveur des agriculteurs pauvres des pays en voie de développement est nécessaire pour leur permettre d’accéder à des variétés améliorées de cultures OGM adaptées aux conditions locales »
On n’attendra d’avoir le texte intégral pour savoir si ces extraits reflètent bien la tonalité d’ensemble ou s’il a la sagesse d’apporter les nuances nécessaires pour aborder les « OGM » qui recouvrent une grande diversité de techniques, de résultats, d’enjeux phytosanitaires et économiques.
L’argument qui semble prévaloir est celui de l’urgence alimentaire qui est un vrai défi. Il semble dommage que la seule réponse que semble apporter ce rapport est celui d’une confiance aveugle au progrès scientifique pour résoudre les enjeux contemporains de la crise écologique que Benoît XVI définit pourtant comme une « crise morale », prenant bien peu en compte les tensions importantes que génèrent pour les agricultures vivrières l’utilisation de semences brevetées et dont l’innocuité n’est pas démontrée pour l’heure.
Je suis d’accord avec le commentateur ; à une question complexe « comment les différentes communautés humaines arriveront à se nourrir en utilisant les potentialités locales ? », on ne peut apporter une seule réponse simple.
Il me semble légitime de se poser la question « est-ce que l’on accepte que d’autres personnes n’aient pas la même façon de se nourrir que nous-même ? »
Partir de la question « comment nourrir le monde ?? » ne me semble pas la meilleure façon de respecter les populations qui ont leur mot à dire ; car cela arrive aussi que les échanges économiques internationaux les privent de leur terre, d’une zone de pêche ….Des flots de gens vont alors grossir les mégalopoles sans pouvoir exercer leur métier de paysan.
Réfléchir sur la façon dont sont conclus les marchés entre les états en respectant le droit des populations à se nourrir par elles-même me paraît plus qu’urgent.
« qu’elles ne présentaient pas de caractère intrinsèquement dangereux » Est-ce une raison pour tolérer les OGM ? Ils disent que la faim ne peut-être combattue que grâce aux OGM, mais la FAO reconnaissait déjà l’année dernière que les OGM n’avaient rien apporter, sauf la désolation chez les petits agriculteurs, surtout en Inde. L’innocuité des OGM ne me semble pas suffisant, le préservatif l’est aussi. Si vous acceptez que le vivant soit modifié, alors n’importe quel vivant peut être modifié. Je n’ai absolument pas peur des OGM mais j’ai constaté que c’était devenu un combat idéologique. Je préfèrerai que le Vatican se tienne éloigné de ça