Dans une lecture récente, (Christoph Schönborn, La vie dans le Christ, Ed. Parole et Silence, 2011, originellement publié en 1998, p. 149-151), je trouveun chapitre consacré à la « responsabilité de la Création ». Outre l’expression un peu curieuse de ce titre, je découvre du coup ce que le cardinal Schönborn propose comme éléments de réflexion sur le sujet du rapport à la terre et à sa protection.
Le livre en question propose un petit parcours de vie spirituelle et morale chrétienne, en s’appuyant notamment sur les éléments doctrinaux du catéchisme de l’Eglise catholique (CEC).
La section 47 fait écho à une réflexion sur le septième commandement biblique, celui qui appelle à ne pas voler autrui. C’est dans cette perspective que le cardinal autrichien propose de penser la crise écologique et ses effets.
Le septième commandement réclame aussi le respect de l’intégrité de la Création et le juste rapport au milieu de vie, à l’environnement. Si les biens de la terre sont confiés à la gérance commune et à l’usage commune tous, cela induit aussi une responsabiité envers les gnérations à venir. Les « péchés contre l’environnement » sont du vol, que font subir ceux qui vont vivre sur terre après nous. En gaspillant les richesses du sous-sol, en polluant l’atmosphère, nous entamons, nous les hommes d’aujourd’hui, la qualité de vie des générations futures. Les atteintes à l’ « Evangile de la vie », comme les manipulations génétiques, comportent des menaces d’une portée incommensurable.
L’éthique écologique ne se fonde pas uniquement sur la responsabilité de l’homme quant aux conséquences possibles dans l’avenir, mais surtout et avant tout sur la sauvegarde et le respect de la dignité de la Création (CEC 2415). En quoi consiste une attitude juste à adopter vis-à-vis du monde ‘inanimé’ et ‘animé’ de la nature, des végétaux, des animaux ? Où sont les limites d’une ‘technique écologique’ ? Où s’arrête le juste usage de la Création matérielle, végétale, animale ? Où commencent les abus ?
Suit une réflexion sur ce que le catéchisme de l’Eglise catholique dit du respect de la vie animale, critiqué par certains militants de la cause animale comme étant pas assez explicite. Le Cardinal rappelle que la Création dans son entier, comme œuvre de Dieu, est digne de respect, mais que celui-ci s’exprime sous des formes d’amour et de bienveillance pour toutes les créatures, tout en préservant pour autant la singularité de la créature humaine : tout est une question d’équilibre conclut-il, rappelant que l’humain peut se nourrir de l’animal, mais que pour autant il n’a pas le droit de le faire souffrir inutilement.
Note du blogmestre :
- le texte est trop court pour un développement conséquent, mais il est aussi assez représentatif d’un certain cadre restreint de réflexion sur ces thématiques majeures de la crise écologique
- Il est intéressant de voir le cardinal faire le lien avec « L’Evangile de la vie », une perspective chère à Jean-Paul II, avec toute la question de savoir si cela intègre l’éthique environnementale dans une bioéthique élargie ?
- Sur la question animale, l’argumentation fonctionne mais là aussi semble manquer d’espace pour argumenter autrement que sur la défensive. Car il y a le principe et il y a ce qu’on laisse faire et que l’on ne veut pas voir, qui est souvent la pointe des appels écologistes. L’Eglise catholique gagnerait en lisibilité si ce genre de principe (respect de la vie animale) s’articulait clairement par des propositions nouvelles dans ce sens.