Dénoncer l’ordre injuste que révèle la crise écologique

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Extrait de l’exhortation Africa munus qui vient d’être publiée ces jours ci. Elle reprend l’essentiel des recommandations du synode sur l’Afrique qui s’est déroulé en 2009. On y trouve un paragraphe consacré aux questions écologiques.

 LE RESPECT DE LA CRÉATION ET L’ÉCOSYSTÈME

79. Avec les Pères du Synode, j’invite tous les membres de l’Église à oeuvrer et à  plaider en faveur d’une économie soucieuse des pauvres et résolument opposée  à un ordre injuste qui, sous prétexte de réduire la pauvreté, a souvent contribué à l’aggraver.120 Dieu a donné à l’Afrique d’importantes ressources naturelles. Face à la pauvreté chronique de ses populations, victimes d’exploitation et de malversations locales et étrangères, l’opulence de certains groupes choque la conscience humaine. Edifiés pour la création de richesses dans leurs propres nations et souvent avec la complicité de ceux qui exercent le pouvoir en Afrique, ces groupes assurent trop souvent leur propre fonctionnement au détriment du bien-être des populations locales.121 Agissant en collaboration avec toutes les autres composantes de la société civile, l’Église doit dénoncer l’ordre injuste qui empêche les peuples africains de consolider leurs  économies122 et « de se développer selon leurs caractéristiques culturelles ».123 Il est, en outre, du devoir de l’Église de lutter pour « que chaque peuple puisse être lui-même le principal artisan de son progrès économique et social […] et puisse prendre part à la réalisation du bien commun universel comme membre actif et responsable de la société humaine, sur un plan d’égalité avec les autres peuples ».124

80. Des hommes et des femmes d’affaires, des gouvernements, des groupes économiques s’engagent dans des programmes d’exploitation, qui polluent l’environnement et causent une désertification sans précédent. De graves atteintes sont portées à la nature et aux forêts, à la flore et à la faune, et d’innombrables espèces risquent de disparaître à tout jamais. Tout cela menace l’écosystème tout entier et, par conséquence la survie de l’humanité.125 J’exhorte l’Église en Afrique à encourager les gouvernants à protéger les biens fondamentaux que sont la terre et l’eau, pour la vie humaine des générations présentes et futures126 et pour la paix entre les populations.

 Notes

120 Cf. Prop. nn. 17.29 : DC 2434 (2009), pp. 1040 et 1045.

121 Cf. DEUXIÈME ASSEMBLÉE SPÉCIALE DU SYNODE DES ÉVÊQUES POUR L’AFRIQUE, Message fi nal (23 octobre 2009), n. 32 : ORF 3107 (2009), p. 26 ; DC 2434 (2009), p. 1032.

122 Cf. BENOÎT XVI, Lett. enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), n. 42 : AAS 101 (2009), pp. 677-678 : DC 2429 (2009), pp. 773-774 ; Prop. n. 15 : DC 2434 (2009), p. 1040.

123 DEUXIÈME ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE DU SYNODE DES ÉVÊQUES, Doc. Justitia in mundo (30 novembre 1971), Propositio 8a: AAS 63 (1971), p. 941 ; DC 1600 (1972), p. 18.

124 Ibidem. Propositio 8b.8c: AAS 63 (1971), p. 941; DC 1600 (1972), p. 18.

125 Cf. Prop. n. 22 : DC 2434 (2009), pp. 1042-1043.

126 Cf. Prop. n. 30 : DC 2434 (2009), p. 1046.

 

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