Des défis écologiques, aussi pour les évangéliques français

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Extraits d’un article de Céline Hoyeaux paru dans le journal La Croix du 23 novembre 2011

« La Terre, je gère » : c’est sur les enjeux écologiques que près de 2 000 chrétiens évangéliques se sont retrouvés cette année à Lognes (Seine-et-Marne) pour leur grand colloque annuel. « Écologie, environnement, développement durable : autant de questions qui prennent une importance croissante dans le débat public, mais restent peu abordées dans notre milieu évangélique francophone », reconnaissaient à l’ouverture les organisateurs de ce rassemblement de trois jours qui s’est refermé mardi 22 novembre.De fait, si des associations évangéliques (comme A Rocha France avec le pasteur Frédéric Baudin) sont engagées sur le terrain en faveur de l’environnement, la théologie évangélique s’est jusqu’à présent peu fait entendre sur les questions d’écologie.

« Une restauration de la Création actuelle »

Pendant trois jours à Lognes, les participants au colloque ont donc pu réfléchir aux fondements de l’engagement évangélique en matière d’environnement à partir des conférences de théologiens évangéliques et des tables rondes. « Les tenants d’une écologie radicale reprochent aux chrétiens d’avoir, en mettant l’homme au centre, désenchanté la nature au profit de sa domination par l’homme, d’avoir mis l’accent sur une conception trop individualiste du salut et de s’être désintéressés de la Création sous prétexte que leur eschatologie évoque “des cieux nouveaux et une terre nouvelle” », relève le pasteur Alain Nisus, professeur à la faculté théologique évangélique de Vaux-sur-Seine qui intervenait mardi à Lognes. « Pour autant, affirme-t-il, Dieu ne crée pas ex nihilo , il s’agit plutôt d’une transfiguration, d’une restauration de la Création actuelle, qui nous engage à veiller dès aujourd’hui sur elle. Gérer la Terre en la servant. »

Invité d’honneur, le théologien anglican Chris Wright

L’invité d’honneur de cette édition 2011 était Christopher Wright. Théologien anglican, il dirige Langham Partnership International, une organisation internationale fondée en 1974 par l’éminent théologien évangélique John Stott (décédé en juillet) pour former les pasteurs évangéliques. Ses interventions ont repris la ligne qu’il a développée dans l’Engagement du Cap, la feuille de route signée en 2010 au Congrès de Lausanne par 4 200 responsables évangéliques du monde entier, et dont Wright fut le principal rédacteur. Chris Wright a insisté sur le fait qu’en christianisme, le salut concerne la Création dans son ensemble : l’homme n’est pas sauvé hors de la Création mais en elle et avec elle. « En la protégeant nous pointons vers le Royaume de Dieu. L’Église a une fonction prophétique dans son souci écologique ». « Si Jésus est Seigneur de toute la terre, soulignent les évangéliques signataires de l’Engagement du Cap, nous ne pouvons dissocier notre relation au Christ de la façon dont nous agissons vis-à-vis de la terre ».

Une place importante à l’écologie dans l’Engagement du Cap

Dans l’Engagement du Cap, les responsables évangéliques du monde entier ont déclaré se repentir de leur participation à « la destruction, au gaspillage et à la pollution des ressources de la terre et de notre complicité à l’idolâtrie toxique du consumérisme » et se sont engagés à « la responsabilité écologique urgente et prophétique ». En clair, soutenir les chrétiens impliqués dans des actions de plaidoyer en faveur de l’environnement, faire pression sur les gouvernements, encourager les chrétiens à « adopter un style de vie qui renonce aux habitudes de consommation qui sont destructives ou polluantes ». (…)

 

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