Le site du magazine La Vie propose de vivre le Carême à travers différentes démarches. Voici ce que propose Damien Gangloff, interrogé par le magazine le 22 février dernier. Un détail : Damien n’est pas prêtre, malgré ce que dit La Vie et il est à tête d’une association intitulée CORE.
Enfant, Damien Gangloff sauvait les insectes de la noyade. Plus tard, la lecture de Teilhard de Chardin l’a convaincu que toute matière est spirituelle. A la tête de l’Association chrétienne pour l’écologie, ce prêtre nous invite aujourd’hui à adopter le « regard du coeur » sur la nature, oeuvre de Dieu, et à nous libérer de l’accessoire.
1 Défaites-vous du superflu
Rien n’est constant sinon Dieu. Exercez-vous à vous défaire des objets en commençant par vous séparer de ce qui semble superflu… Être prêt à les perdre libère ! et persévérez dans ce tri sélectif. Cette attitude conduit à une forme de sobriété qui fait naître la joie de s’affranchir. Ce que vous ne prenez pas est disponible pour d’autres.
2 Apprenez à aimer la Création
Promenez-vous dans la nature, faites l’effort de connaître les plantes et les animaux, écoutez les chants d’oiseaux, exercez-vous à les reconnaître, informez-vous sur la manière dont ils se reproduisent… Le but est d’apprendre à aimer la Création par la contemplation ou l’étude – car on ne peut aimer que ce que l’on connaît.
3 Exercez-vous au regard du cœur
Prenez le temps de regarder chaque être vivant comme une créature de Dieu, sans sélection ni préférence : plantes, animaux, insectes… Puis la matière : le bois d’une table, un bel objet… Tous sont recréés ici même, en permanence, par l’amour de Dieu. C’est le premier verset de la Bible, conjugué au présent. Le regard des sens, seul, est trop court et ne prend toute sa dimension qu’avec celui du cœur.
4 Devenez un consom’acteur
L’homme n’existe pas sans les écosystèmes : leurs santés sont intimement liées. Dans un monde artificiel, où l’on ne voit pas directement l’impact de ses choix de consommation sur la nature, savoir s’informer sur les chaînes de production et le devenir de ce que l’on consomme est la première des responsabilités. Énergie, substances toxiques, prélèvement sur les écosystèmes… Tout est disponible sur Internet.
(interview Martine Perrin pour le cahier des Essentiels de La Vie)
Merci d’avoir cité mon interview de Damien Gangloff, paru à l’origine dans le numéro du 27 janvier 2011, et repris fort opportunément sur le site de la Vie pour mieux vivre le carême -et merci aussi d’avoir corrigé l’erreur de rédacteur anonyme du site qui est allé chercher je ne sais où que Damien était prêtre.
Pour aller un peu plus loin, je vous conseille la lecture d’un autre Essentiel, celui de Michel Maxime Egger, paru le 14 février dernier dans la Vie, qui va un peu plus loin en posant les jalons d’une écospiritualité, dans un livre incontournable : « La Terre comme toi-même » (Labor et Fides, févirer 2012).
Merci pour ces efforts de carême.
Et je me sens particulièrement en phase avec le &2. Car quand je « rentre » des données botaniques dans l’ordinateur, je ‘revoie’ les lieux où j’ai fait les relevés !! Cela me remplit le coeur d’une joie intense et me permet d’avancer avec plus d’ardeur. Merci aussi à Martine Perrin pour sa réponse où elle signale la parution du dernier livre de Michel Maxime Egger – qui m’avait vraiment ‘retourné’ au cours des Assises Chrétiennes de l’Ecologie.
Est-ce que ce blog ne pourrait-il pas faire office de groupe de lecture de cet ouvrage qui mérite qu’on le ‘rumine’ passage après passage…
J’approuve entièrement votre proposition, concernant » La Terre comme toi-même ». C’est une ouvrage très dense, mais en même temps très clair et très pédagogique. On peut l’aborder sous différents angles: historique, théologique, pratique, liturgique… et le ruminer en profondeur, mettant en commun nos ruminations !