Voilà un sujet sur lequel, en France en tout cas, on n’a pas encore entendu parler beaucoup de responsables religieux. Ailleurs, la mobilisation est plus active. Il faut dire qu’aux Etats unis par exemple, la réalité de l’exploitation de ces gaz de schistes est bien plus avancée qu’ici. Avec un retour d’expériences assez dramatique.
Bien sûr, des nuances sont toujours nécessaires. Toute technologie a sa part de risques et il ne s’agit pas d’être ici dans une opposition primaire à toute forme d’avancée technologique . Mais outre le fait que cette exploitation de gaz recule encore un peu plus les vraies mesures urgentes pour accompagner les conversions dans les pratiques (comme y appellent par exemple les évêques de France désormais) vers un modèle moins dispendieux en énergie, on perçoit, en écoutant les témoignages d’un certain nombre de personnes vivants proches de ces exploitations, à quel point on est dans des « ruptures « morales importantes en terme de respect des personnes, de vérité dans la parole donnée, de capacité à garder une liberté de réflexion et d’action. Voici deux témoignages d’éleveurs de bétail américains qui réagissent à ce qui s’est passé chez eux, après l’exploitation de gaz de schistes. Ron Gulla notamment (à partir de la 5ème minute de la vidéo) se présente comme un agriculteur catholique qui a essayé d’alerter l’évêque de Pittsburg sur ces questions. A voir le site du diocèse (où, sauf erreur de ma part, la question de l’écologie n’est pas traitée), il ne l’a pas beaucoup convaincu.
Son témoignage est bien sûr a charge mais il part d’une vraie connaissance du terrain. Il faut bien aussi entendre cette part là de vérité, sans tomber dans le catastrophisme ou le manichéisme.
A plusieurs reprises, Ron ponctue son témoignage en demandant à l’assemblée : savons-nous vraiment d’où vient l’eau que nous buvons. Et la viande que nous mangeons ? C’est cela aussi que cette technique nouvelle rappelle !!! D’autant que beaucoup de ces petits paysans sont lourdement contaminés par l’air, l’eau et la nourriture qu’ils consomment du fait des rejets de gaz et de produits toxiques liés à ces pratiques.
On aura beau dire, comme on dit à chaque fois, que les Etats Unis ne sont pas la France (comme on dit que le Japon n’est pas la France pour le nucléaire), il faut quand même avoir la lucidité de reconnaître que ces industries dominantes et encouragées par les politiques s’appuient toujours sur les mêmes pratiques capitalistiques qui, le moins qu’on puisse dire, ne font pas dans la nuance.
Un bon retour d’expérience donc que cette vidéo pour être attentif en France et en Europe aux essais de plus en plus pressants pour implanter ces techniques par ici.
DL