Les évènements restent particulièrement lourd autour de la centre nucléaire de Koodankulam (Tamil Nadu).On a déjà évoqué sur ce blog le décès d’un pêcheur suite à la répression policière des manifestations en cours. Il s’avère en fait qu’on compte une deuxième victime, en l’occurence une jeune fille. 15 protestaires ont aussi été blessés, ainsi qu’une dizaine de policiers. « La fille a été piétinée à mort par les bottes sans merci des ‘khadi clad men’ (policiers) », a expliqué Thomas Kocherry, membre du Forum mondial des pêcheurs. Depuis lors les arrestations se multiplient dans les villages environnants. Mais le protestation semble plutôt continuer à se répandre dans la région.
Le gouvernement continue de refuser la contestation civile qui dure au moins depuis 400 jours, argumentant que la centrale est particulièrement sure et que depuis les évènements de Fukushima, ils ont beaucoup appris en terme d’évacuation des populations dans un rayon de 30 km autour de la centrale. Or, selon les manifestants, il y a plus d’un million d’habitants dans ce « cercle » de 30 km autour de la centrale, ce qui excède les règles de l’Agence de régulation de l’énergie atomique. On a vu en effet déjà au Japon, la difficulté à évacuer près de 250 000 personnes. Pour un chiffre supérieur et auprès de population
s souvent plus démunies, une telle évacuation est illusoire
Les manifestations qui ont été interdites pour « sédition » (!) commencent aussi à émouvoir des responsables indiens. Dernier en date, l’ancien juge de la Cour suprême indienne, V.R. Krishna Iyer, qui a envoyé une lettre au premier ministre du Tamil Nadu pour implorer l’arrêt du projet de centrale dans cette région. « Les gens du Tamil Nadu, leur vie et leurs biens ont une valeur trop grande pour être malmenés devant le syndrome du Big Business nucléaire ! »
Lorsque les deux réacteurs seront chargés de leur combustible, la central formera le complexe nucléaire le plus puissant d’Inde, générant 2 GW d’électricité. 4 autres réacteurs sont prévus à leur côté.
