Bougainville et Fairbanks, même combat

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De la Papouasie Nouvelle Guinée à l’Alaska, il y a un monde. Mais c’est pourtant bien le même, de monde, qui se retrouve à gérer un peu partout des problèmes communs issus des changements climatiques en cours
Mgr Bernard Unabali du diocèse de Bougainville peut en témoigner. Lui qui a participé à l’accueil des réfugiés climatiques des îles Carteret inondées en partie par la montée des eaux. Une histoire qui a d’ailleurs fait l’occasion d’un film, « Sun come up » (2011), projeté pour la fête de la Saint François d’Assise dans de nombreuses paroisses américaines ces derniers mois.
Mgr Donald J. Kettler, du diocèse de Fairbanks, en Alaska, peut lui aussi raconter une histoire similaire. Un village indigène du diocèse a du être évacué du fait de la montée des eaux. Le paradoxe est d’autant plus fort que dans les deux cas, ce sont des populations indigènes qui ont du quitter leurs terres, alors qu’ils ne sont en rien responsable des causes qui ont mené à ces changements climatiques…
Ces deux témoignages ont marqué les esprits au cours d’un colloque qui s’est tenu le 8 novembre dernier à Washington, au centre Mariste, et réunissant théologiens, responsables d’Eglises et spécialistes sur la question du  changement climatique. L’intitulé du symposium était précisément : « Une consultation catholique sur la justice environnementale et le changement climatique : accueillir la vision écologique de Benoît XVI pour l’Eglise catholique des Etats-Unis. »Un tel colloque est bien un signe des temps alors que le passage de l’ouragan Sandy a réveillé dans le pays, inhibé jusque là par la campagne électorale, la conscience des changement climatiques en cours.Un réveil qui sonne aussi pour les prélats américains qui ont été plus mobilisés jusque là par les questions de droits reproductifs que par ceux des droits environnementaux. Parmi les thèmes ainsi abordés durant ce symposium, on peut citer les questions d’écologie naturelle et humaine, de dignité du vivant, de bien commun, de sacramentalité de la Création etc.

Mgr Stephen E. Blaire, évêque californien et membre de la commission « Justice et développement humain », confirme avoir été témoin des impacts destructifs du changement climatique dans le monde et dans son pays et dont les impacts sont particulièrement lourds pour les plus pauvres.  » En tant que communauté catholique, nous devons commencer à orienter nos liturgies, notre vie de prière, nos systèmes éducatifs, notre théologie pour faire émerger des manières nouvelles et meilleures pour exprimer notre nécessaire solidarité avec la Création et les populations qui sont concernées en premier par nos choix à nous », souligne Dan Misleh, directeur du réseau « Catholic Coalition on Climate Change ». Quant à Christiania Z. Peppart, professeur de théologie, de science et d’éthique à l’univeristé Fordham de New York, la chose intéressante dans ces discussion est que désormais le monde catholique commence à inclure dans son discours traditionnel sur le « droit à la vie » les thématiques écologiques. « L’avortement est évidemment un défi important mais il ne résume pas l’entiereté de l’enseignement climatique. Des gens innocents sont mis en difficulté du fait du changement climatique et de manière disproportionnée. C’est donc aussi un problème de justice sociale et d’éthique de la vie. »
DL
Source : D’après un art. de Brian Roewe, Eco Catholic / Crédit : CNS photo/Nancy Phelan Wiechec

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