Avant de proposer mon propre commentaire, voici déjà deux lectures du texte par deux amis de E&E.
D’abord, trois réflexions d’Arnaud :
« Un monde qui fait l’expérience de la finitude »
Effectivement, mais rappelons que jusqu’au XVIIIe siècle cette expérience était quotidienne, et qu’elle l’est encore pour les populations dite primitives. La négation des limites est récente. Il nous faut pas seulement un nouvel imaginaire, mais une reconnaissance de notre insertion dans un monde limité, comme celui de Moïse.
« Il s’agit de renouer avec le concept de bien commun universel »
Le bien commun comme notion philosophique, d’accord, et les biens communs, la terre, l’eau, l’atmosphère, les ressources fossiles ? On les met de nouveau comme non privatisables ?
« La solidarité qui ne peut se réduire à l’aide apporté aux pauvres, mais qui doit impliquer les plus pauvres dans un projet commun »
Bravo, mais la solidarité doit impliquer les plus riches aussi, non dans l’aide mais dans le partage. Nous devons rendre aux pauvres ce que nous leur avons pris. Comme le disait un Père de l’Église, si tu donnes une de tes sandales à un pauvre qui va pieds nus, en réalité tu ne lui donnes pas, tu lui rends.
Et puis quelques autres d’un autre lecteur de E&E
Ce texte dit certaines choses sans ambiguité (réalité du phénomène physique, responsabilité humaine, …) mais il restera beaucoup de travail à faire pour sensibiliser les fidèles malgré tout car il me semble encore trop vague. Quelques regrets à son sujet :
- Je trouve que l’utilisation du terme Kairos est une bonne idée mais on a l’impression paradoxale qu’avec un peu de bonne volonté on va se tirer d’affaire et qu’on va éviter l' »évènement tragique » qui précède le « radicalement nouveau ». Les termes de défi, instant de grâce, terre promise etc… entretiennent cette confusion. « Un nouveau style de vie » serait « déjà en construction »; j’en serais heureux, mais à part qqs illuminés et expériences d’éco quartiers où voit-on cela ?
- Il est paradoxal que des chrétiens s’adressant à d’autres chrétiens disent qu’il va falloir construire une nouvelle représentation de la vie bonne, un nouvel « imaginaire » (on se croirait aux scouts) quand on a déjà l’Evangile (qui n’est jamais cité à part dans une évocation historique) A VIVRE et annoncer, ainsi que la pensée sociale à appliquer in extenso.
- Cette pensée sociale n’est pas évoquée sauf erreur de ma part, alors qu’elle est pourtant tres explicite (article 486 par exemple); il manque aussi qqs références fortes à des textes ou paroles de JPII, BXVI et François, sur les sujets liés a l’écologie et à nos modes de vie. Cela aurait renforcé la portée et la crédibilité du texte, montré l’ancienneté de la réflexion, et que l’engagement écologique fait indiscutablement partie de la vie chrétienne.
- L’aspect proprement écologique de la catastrophe (et non pas crise) actuelle est finalement effacé, les autres destructions et saccages sont passés sous silence.
- Il manque les mots de justice et charité. Or la nouvelle charité bien comprise, porteuse d’une vraie justice pour notre prochain comme notre lointain dans l’espace et le temps (générations à venir) est de donner non plus simplement le superflu ou de colmater les brèches mais aussi de se dépouiller du « nécessaire » ou du souhaitable de certains, pour que tous puissent vivre (Gandhi), et ne pas alimenter ainsi les visions malthusiennes ou djihadistes. .
DL
Je partage sans trop savoir le dire explicitement ces remarques en particulier sur le fait que si nous mettions un peu plus en pratique les enseignements de l’évangile et de la doctrine sociale de l’Eglise beaucoup de nos problèmes seraient en voie de résolution. Cependant, j’ai eu une vision plus positive du texte en pensant qu’afin le magistère avait pris conscience de la gravité de la situation, et que nos évêques allaient peut-être mobiliser leurs fidèles. Pour ma part, j’ai fait le Colibri, en envoyant ce texte à mes amis paroissiens en disant : et si on en discutait dans notre paroisse ?
J’attends d’éventuelles réactions….
Michel
Cher Dominique
Bravo pour avoir pointé ce terme hermétique de kairos
et pour les 1er commentaires de ce texte qui reste « bien corect », un peu mou et assez bien pensant !!!
Contrairement à ce qu’on y lit, on est pas en crise mais bien dans une mutation globale
A quand tes propres commentaires ?