Un reportage récent dans La Croix rend compte de la rencontre du « Festival des poussières » qui s’est déroulé du 25 au 27 août à la Ferme de la Chaux (Côte-d’Or). Extraits.
Plus de deux cents participants se sont rassemblés autour de thématiques croisant écologie environnementale et justice sociale.
« Venus de toute la France, les participants du festival, surnommés « les poussières », se sont réunis du 25 au 27 août à la Bussière-sur-Ouche sur le thème « Évangile et révolutions ». Ce qui les rassemble ? L’urgence climatique et la conviction que les chrétiens doivent être à l’avant-garde de la transition écologique. Le festival a lieu à la Ferme de la Chaux, un éco-hameau chrétien autogéré par ses habitants. Les journées sont ponctuées des repas assis dans l’herbe, de prières bercées par les chants de Taizé, de conférences et de « forums ouverts », des ateliers proposés par n’importe quel participant. Préparation du pain azyme pour l’eucharistie de dimanche, débats sur la vulnérabilité, le féminisme ou encore la désobéissance civile, peinture murale, danse ou contemplation, il y en a pour toutes les aspirations. Le soir, bal folk et scène ouverte, chacun est invité à partager son talent sous les hourras d’une assemblée très bienveillante, avant de regagner sa tente pour une nuit à la fraîche. Maylis et Jérémie Passebon sont venus pour essayer de conjuguer leur spiritualité avec leurs réflexions politiques, sociales et écologiques. « Il y a un monde entre mon travail et mon engagement paroissial, explique Maylis, conseillère en transition écologique à Paris. Je cherche des personnes qui comme moi voudraient concilier les deux. » Le couple est sensible à la notion d’« écologie intégrale », développée par le pape dans son encyclique Laudato si (2015). « J’ai pu mettre des mots sur mes intuitions, confie Jérémie Passebon. Il y a une cohérence, on saisit que tout est lié. On ne vit pas sa foi juste pour soi, elle doit avoir un impact sur notre mode de vie, respectueux de l’environnement et ouvert aux autres. » (…) L’objectif est d’abord d’ouvrir des horizons par des intervenants engagés sur le terrain, comme Mathieu Yon, paysan maraîcher, ou Hélène Noisette, sœur auxiliatrice engagée auprès d’exilés au Secours catholique de Seine-Saint-Denis. Ingénieure agronome et théologienne, elle anime la conférence « Pour une théologie des luttes écologistes » et les questions ne tarissent pas : quelle est la place des chrétiens dans ce combat ? Faut-il faire tomber le capitalisme ? Démolir ou transformer ce qui est installé ? « Je crois qu’il faut inventer d’autres manières de produire, de consommer et de gérer les entreprises, propose sœur Noisette. Faire germer quelque chose d’autre qui a le goût du Royaume de Dieu, dans les interstices du capitalisme. »
Source : La Croix 29 aout / Cécile Mérieux
