Un tourisme conscient

Dernier document écolo en date du côté du Vatican : le message pour la journée mondiale du tourisme qui se déroulera le 27 septembre prochain ( Cardinal R.R. Martino, 18 juin 2008). Un texte qui aborde la question du changement climatique, en écho à la réflexion également en cours du côté de l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT). Une bonne lecture avant le rush des vacances estivales. En voici l’essentiel.

Après avoir rappelé que la cité du Vatican est entré désormais concrètement dans certaines démarches de type développement durable (compensation CO2 et panneaux solaires), le document souligne que le tourisme est un des « vecteurs » des changements climatiques, du fait des déplacements de près de 900 millions (et non 900 000 comme le disent certaines versions du texte) de touristes internationaux (et on évoque même pas les touristes nationaux). Un chiffre qui devrait doubler dans les quinze ans à venir.

Devant l’inertie des pays souvent les plus développés face à la crise climatique, le document appelle à reconsidérer notre espace commun comme un jardin à préserver. Non sans un certain lyrisme, le texte file la métaphore biblique pour montrer comment le désordre de nos comportements en a fait une terre désolée. Il s’agit donc d’urgence à retrouver le « cycle vital », en assumant notre responsabilité individuelle et collective dans sa gestion.

 » Il n’est pas juste que les êtres humains provoquent la fin de la Terre et de la succession des générations par négligence ou à cause de décisions égoïstes et de consommation exaspérée, comme si les autres, ceux qui viendront après nous, ne comptaient pas. Il existe, en somme, un égoïsme face au futur qui se révèle dans le manque de pondération et de perspective, dans l’indolence et l’abandon. »

Le document invite à « cultiver une éthique de la responsabilité ». Quelques exemples de pratiques qui vont dans ce sens ? Cela va de la marche à pied à l’élimination des déchets, en passant par des actions de plantation compensatrice d’arbres, l’achat de produits locaux, l’usage de matériaux recyclables et le respect des cultures locales.

Dans cette logique « écologique », il est extrêmement important de revenir au sens de la limite, contre le progrès fou et à tout prix, en fuyant l’obsession de posséder et de consommer. Le sens de la limite se cultive aussi lorsque l’on reconnaît l’altérité entre semblables et la transcendance du Créateur par rapport à ses créatures. Il existe quand nous ne prenons pas la place de ceux qui sont à côté de nous et quand nous accordons aux autres les droits que nous réclamons pour nous. Cela signifie que nous nous ouvrons à la conscience de la fraternité sur une Terre qui est à tous et pour tous, aujourd’hui et demain.

C’est donc un appel à une « culture ‘verte' » que lance ce document.

Il faut développer une austérité joyeuse, en choisissant ce qui n’est pas transitoire ni périssable. Il est nécessaire de cultiver la charité envers la terre aussi, en désarmant la logique de la mort et en encourageant l’amour pour ce cher espace qui nous appartient à tous, dans la mémoire du don, dans la responsabilité de chaque instant et dans le service constant de la fraternité, notamment en vue de ceux qui viendront après nous. De la sorte, une culture du tourisme responsable se développera aussi à l’égard des changements climatiques.

D.L.

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