Le nucléaire au charbon

Mgr André Vingt-Trois a ouvert, la semaine dernière la session des évêques catholique des France à Lourdes, par une intervention qui propose un regard sur l’actualité en cours. En voici l’extrait qui évoque notamment la crise de Fukushima. On peut y constater la difficulté à « penser » pour l’Eglise face à l’énergie nucléaire, dont la mise en perspective face aux autres dangers laisse entendre que tout cela n’est qu’un phénomène parmi d’autres et que seule la sécurité et la responsabilité sont des solutions suffisantes. En 1977 déjà, Mgr Matagrin constatait la difficulté pour l’Eglise de penser théologiquement cette énergie nouvelle. Il semble qu’il reste encore du chemin à faire.

La crise économique continue de provoquer des dégâts sociaux dont nous sommes chaque jour les témoins. On voudrait être convaincu que les dérives financières de 2008 n’ont pas été oubliées et que les errements qui les ont provoquées n’ont pas repris leurs cours. Les contrôles réels des flux financiers, au niveau national et international, peinent à se mettre en place. L’illusion d’une grande distribution des fonds publics continue de masquer les failles structurelles de notre pays et contribue à prolonger le rêve d’une société de consommation sans rapport avec les moyens disponibles, ni dans les foyers ni dans la société. L’appel que nous lançons régulièrement à promouvoir de nouveaux modes de vie n’est pas une incantation moralisante. C’est plutôt l’avertissement que la raison humaine doit lancer devant les excès de notre système. C’est l’apport de la doctrine sociale de l’Église pour travailler à répondre aux préoccupations de nos contemporains.

L’accident nucléaire consécutif au séisme au Japon lance un signal hautement symbolique à partir du pays qui a subi la puissance destructrice de la bombe atomique. Il fait surtout ressortir l’inconscience collective qui dénie le lien entre les modes de consommation et la production d’énergie. La production nucléaire d’énergie n’est pas le seul danger. Les mines de charbon ou l’exploitation du pétrole ne sont pas non plus sans risques mortels ; la marée noire du golfe du Mexique a-t-elle été si vite oubliée ? Pourquoi ne pas espérer que l’ingéniosité humaine parvienne à surmonter un certain nombre de difficultés et à améliorer la sécurité ? Mais aussi pourquoi ne pas oser contester le taux de consommation de l’énergie dans les sociétés développées avec ses conséquences sur l’environnement et l’équilibre général du système ? Je crains que l’heure d’été ne suffise pas à régler le problème. Notre groupe de travail Environnement et écologie nous aidera à prolonger cette réflexion.

DL

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