C’est pas toujours le Pérou

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Encore une triste histoire de mines. Au Pérou, cette fois-ci, à Espinar, dans la région de Cuzco, au sud du pays, la mine de cuivre exploitée par le géant minier suisse Xstrata, menace gravement l’eau des rivières et l’état des sols environnants. Depuis le 21 mai dernier, suite à une apparente pollution chimique des fleuves Salado et Canipa, les paysans et éleveurs de la région protestent contre cette industrie local, réclamant aussi une meilleure répartition des subsides reversées par le groupe suisse aux communautés locales..  Mais, après plusieurs jours de manifestations, le gouvernement d’Ollanta Humala a envoyé la police sur place et l’état d’urgence décrété dans la région, après des heurts violents entre manifestants et forces de l’ordre (au moins deux morts).

Ce n’est en fait qu’un épisode parmi bien d’autres dans une forme de résolution de conflits sociaux très dure au Pérou. Les gouvernements antérieurs d’Alan Garcia ont comptabilisé en5 ans près de 142 morts dans ce cadre. La politique du président Humala, qui avait dénoncé ces pratiques, a pourtant déjà entraînée 15 morts depuis juillet 2011. Usage arbitraire de la force, pratique de la torture, détention illégale, fausses preuves sont légions, comme le souligne le CCFD dans un rapport récent.

« Ce conflit est symptomatique des demandes sociales et des revendications des populations locales laissées sans réponse depuis des décennies. C’est aussi l’échec d’une stratégie de développement économique régionale mais aussi nationale qui repose sur la levée de toutes les entraves aux investissements directs internationaux, notamment dans le secteur minier (près de 70 % des exportations dans le PIB national). »

Herbert Huaman, président du Front de défense d’Espinar, demande qu’une  » commission gouvernementale de haut niveau vienne dialoguer et résoudre le problème écologique qui affecte la région». Selon lui, plusieurs vaches et moutons sont morts après s’être abreuvés dans un cours d’eau proche de la mine de Tintaya.

On peut en savoir plus en écoutant ici le témoignage de Raquel Neyra, d’origine péruvienne, et membre du comité français de solidarité avec Cajamarca, un groupe qui se bat depuis 2005 pour protéger l’environnement au Pérou . ELle appelle notamment à la médiation de l’Eglise catholique pour permettre la résolution pacifique du conflit.

DL

 

 

 

 

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