Les crimes oubliés du Nord Kivu

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Alors que trois religieux assomptionnistes viennent d’être enlevés dans la région tumultueuse du Nord-Kivu, il est bon de rappeler que cette région du monde continue d’être une terre meurtrie depuis des décennies. Meurtrie par « l’exploitation illégale des minérais du Kivu », comme le confirme Mgr Nicolas Djomo, évêque de Tshumbe (Congo) et président de la Conférence épiscopale nationale du Congo le 15 octobre dernier en marge du synode pour la nouvelle évangélisation.

Un article du journal La Croix explique :

« Il y a dans cette région de très nombreuses ressources minières, notamment en métaux rares, dont le coltan, très utilisé pour la fabrication de téléphones portables. Ces ressources sont exploitées sans aucune limite, explique Mgr Djomo, par plus de 2 000 entreprises, souvent américaines, en dehors de tout cadre douanier, administratif ou financier. Pour contrôler ces gisements, des bandes armées « se battent pour maintenir l’exploitation illégale des minerais du Kivu » dénonce le président des évêques congolais. D’où l’état de guerre civile qui prévaut dans la région. Ces groupes entretiennent la terreur, notamment par des viols collectifs, pour le contrôle de ces territoires, avec des armes financées par la vente des minerais. « Je me suis récemment rendu à Washington, explique Mgr Djomo, pour demander au gouvernement américain de légiférer : il faut priver ces groupes armés des moyens pour acheter des armes, leur couper les sources de financements, couper cette chaîne infernale qui prend sa source dans la vente aux compagnies internationales. » Trois évêques ont été assassinés depuis quelques années. « Je reçois moi-même des menaces. Tout comme l’évêque de Bukavu, affirme Mgr Djomo. Mais nous ne pouvons pas reculer. C’est dans la logique de l’Évangile. » Lorsqu’on lui demande si l’Église catholique est localement légitime dans ces actions, le président de l’épiscopat est formel : « Les Congolais ont beaucoup d’estime envers l’Église catholique. Nous sommes avec le peuple. La misère est immense. Au nom de la doctrine sociale de l’Église, il s’agit pour nous d’une urgence, pour contribuer à une paix durable et à l’instauration d’une véritable démocratie, au respect des droits de l’homme. Restaurer la dignité des gens fait partie de notre foi. »


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