Depuis 5 ans, c’est une belle aventure qui se vit début octobre, dans ce coin du Loiret. Le groupe oecuménique « Chrétiens et écologie dans le Loiret » organise une journée ouverte à tous, en lien avec les communautés chrétiennes locales. Cette année c’est l’association diocésaine Partage, engagée dans le monde rural qui a accueilli la journée
Après les visites du matin sur le terrain – en forêt, sur le thème de la biodiversité ; avec un animateur d’un jardin du Coeur ; avec un responsable d’un syndicat intercommunal ; avec le maire d’une commune rurale -, ce sont trois témoins chrétiens qui ont exprimé le lien entre la foi chrétienne et leurs choix dans certains domaines de l’écologie. Yves Froissart les présente :
Thomas, expert en commerce international, opte pour le commerce équitable qui permet de garder une liberté face au pouvoir de l’argent, comme par exemple dans le domaine de l’écologie. Des choix toujours exigeants comme l’utilisation d’une essence de bois rapidement renouvelable et la valorisation des sciures pour une industrie de jouets, la culture bio du café, des petites unités de production maillées entre elles qui permettent une meilleure intégration au milieu humain et naturel, des filières courtes qui limitent les transports… Thomas observe que les peuples proches de la nature sont plus spontanément ouverts à de tels choix. Par ailleurs, à titre personnel, il a choisi l’autoconstruction de sa maison en bois, dans une logique de beauté et de respect de l’environnement. Pour lui, la relation à Dieu et la solidarité à l’autre donnent sens à tous ces choix.
Bernard, fonctionnaire de l’administration régionale en charge de la politique de l’eau, observe que les nappes d’eau, de plus en plus polluées, notamment par l’agriculture, nécessitent des captages plus profonds, dans les nappes fossiles, ou à distance, sous les massifs forestiers. Les puits de surface, trop pollués, sont fermés peu à peu, ce qui « améliore » d’autant les statistiques sur la qualité de l’eau…. Il a fallu à Bernard une volonté forte pour exiger que les cartes conservent, pour les générations futures, la mémoire des puits fermés, dont la reprise de l’exploitation pour l’eau potable nécessiterait pour longtemps une coûteuse dépollution. Pour Bernard, paysan dans l’âme et chrétien, transmettre ce patrimoine que nous avons reçu est une exigence essentielle.
Catherine, pionnière du « bio », pratique depuis 35 ans maraîchage et production fruitière en milieu périurbain. Elle exprime sa joie d’exercer un métier au cœur du lien entre homme et nature. Pour elle, la nature est belle, créée par Dieu, et les exigences du bio visent à la respecter. La production agricole a la dignité éminente de nourrir les hommes. Dans un contexte de chômage, Catherine emploie jusqu’à dix salariés permanents, elle aide aussi à l’insertion professionnelle de personnes en difficulté. Chez cette responsable d’entreprise, des termes comme « humus », « humilité » et « humain » trouvent sens au cœur même de sa relation à Dieu, à l’autre et à la nature.
Un temps de prière oecuménique a rassemblé les participants, les enfants rejoignants les adultes pour l’occasion. Une journée qui s’achève par la plantation dans le jardin d’un jeune arbre fruitier. La bénédiction finale fut oecuménique à souhait (cf. la photo) puisque ce sont Pierre Louws et Cyril Bonin (conseillers presbytéraux, église réformée de France), Thomas Skaghammar (église évangélique indépendante), le P.Jacques Blaquart (évêque d’Orléans), et le P. Jean-Marie Richard qui ont partagé cette action de grâce pour cette belle journée.