L’homme est un infatigable baroudeur et un militant actif du développement durable et des questions liées aux défis écologiques depuis plus de 30 ans.
Dave Andrews, dit « Brother Dave », religieux catholique de la Congrégation de la Sainte Croix a été durant 13 ans directeur du National Catholic Rural Life Conference, puis responsable dans de nombreux organisations internationales (Organization for Competitive Markets, Heifer International, the Community Food Security Coalition, the Sustainable Agriculture Coalition, the National Campaign for Sustainable Agriculture).
Désormais, il officie comme représentant de l’organisation américaine Food and Water Watch. En tant que tel, il a participé aux trois derniers sommets de l’OMC, des sommets sur l’Alimentation et sur le Développement durable qui se sont déroulés en Afrique du Sud, mais aussi, durant deux ans, aux Comités sur la Sécurité alimentaire qu’organisent la FAO à Rome. Il a été donc un témoin privilégié pour constater comment, depuis deux ans, cette organisation de l’ONU notamment a fortement évolué, incluant désormais, à côté de ses experts, la participation de représentants de la société civile, dans une grande diversité sociale et culturelle. Une participation qui n’est encore que consultative pour l’heure, mais la tendance est de privilégier le consensus entre tous au terme du processus de décision.
Pour Dave Andrews, cette présence au sein de ces Comités lui a aussi permis de mieux comprendre l’écart toujours actif entre ce lieu de réflexion et la politique gouvernementale américaine sur la question de la faim dans le monde. Et aussi l’écart entre ce que l’instance américaine au sein de cette organisation dit à Rome et ce qui est expliqué au grand public aux Etats-Unis. Le religieux souligne ainsi que les grands médias américains ne relaient presque jamais ces discussions et ces décisions.
D’autant que les représentants américains eux-mêmes se sont attirés à plusieurs reprises les ires des représentants de la société civile, par exemple quand les américains critiquent l’agriculture biologique ou remettent en cause le processus de décision par consensus. Le cas le plus typique s’est présenté il y a quelques semaines au moment de la rédaction finale du texte “The Global Strategic Framework » (GSF), texte dans lequel les gouvernements s’étaient mis d’accord pour évoquer la question du droit à la souveraineté alimentaire, tout en soulignant les questions qu’il soulève. Les représentants américains ont, au final, changé leur fusil d’épaule, demandant le retrait total de toute mention à la souveraineté alimentaire !
Branle-bas de combat : le groupe des 70, celui des pays développés, a du coup demandé un délai de réflexion pour considérer les conséquences de ce revirement qui va à l’encontre du processus ordinaire qui valide le consensus, sans revenir en arrière. Finalement, les mots « sécurité alimentaire » furent retirés du texte, mais sans toucher au « droit à l’alimentation » qui fonde les politiques internationales actuelles, comme l’ont souligné les représentants des sociétés civiles.
Le texte du GSF fut donc publié le 17 octobre 2012. Il constitue un vrai progrès pour une nouvelle gouvernance dans les questions de la nourriture, de l’agriculture et de la nutrition, soulignant à maintes reprises les droits des populations locales, notamment les petits paysans et artisans, les peuples indigènes, les sans-terres etc. Le document, rappelant le droit à un salaire minimum pour tous, souligne aussi l’importance des nouveaux modèles de l’agro-écologie et rappelle à tous la responsabilité des États et des institutions et du secteur privé pour la mise en place de ces politiques, dans le respect des droits humains.
DL
Source : Eco Catholic ; Nov. 30, 2012
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