François, couleur « vert pape » ?

le

Jean Claude Pierre, fondateur du réseau « Cohérence. Pour un
agriculture durable », et  auteur de « L’Appel de GAÏA. Quant la Terre apostrophe
les humains », en rêvait (dans un article de la revue La Vie), quelques heures avant l’élection. Le nouveau pape va-t-il répondre à cette attente ?

pape vertQuels doivent être les compétences du futur pape, son charisme, pour quel
type de gouvernance et quelles priorités pour l’Eglise catholique et le
monde ? Nous avons demandé à des personnalités de nous décrire le pape
dont ils rêvent. Jean-Claude Pierre*, militant écologiste fondateur de « Eaux
et rivières de Bretagne » nous livre sa vision personnelle d’un évêque de Rome idéal.
« Depuis la fin des années soixante, tous les papes, sans exception, se sont exprimés
sur la question écologique. Ils l’ont même fait, parfois, avec une vigueur qui tranche
avec la timidité dont l’Église catholique fait encore preuve sur ce sujet. On est donc
fondé à exprimer le souhait de voir le prochain pape poursuivre et amplifier la
réflexion engagée par ses prédécesseurs.
Paul VI fut le premier à en parier de manière explicite et son successeur Jean-Paul
II sensible à la dimension planétaire du problème, du fait de ses nombreux voyages
sur tous les continents, a multiplié les interventions sur ce thème : on en dénombre
plus de 200 ! On sait qu’il fit de François d’Assise le patron des écologistes mais on a
peut-être oublié le propos qu’il a tenu en 1990 à l’occasion de la journée mondiale de
la paix, en affirmant : « La théologie, la philosophie et la science s’accordent dans la
conception de l’univers en harmonie, c’est-à-dire d’un vrai cosmos pourvu d’une
intégrité propre et d’une dynamique interne. Cet ordre doit être respecté ». La crise
écologique était à ses yeux un problème éthique et moral requérant de nouvelles
solidarités. Benoît XVI, à son tour, s’est fréquemment exprimé sur ce sujet ; il considérait qu’il avait été sous-estimé par les catholiques et en 2011, lors d’un discours devant le
parlement allemand, il précisa : « L’importance de l’écologie est désormais indiscutée,
nous devons écouter le langage de la nature et y répondre avec cohérence ».
La crise écologique est devant nous. Elle va de plus en plus nous interpeller sur
notre capacité à maîtriser vraiment l’extraordinaire puissance que nous confère aujourd’hui la techno-science, sur notre rapport à l’ensemble du « vivant », sur notre
capacité à assumer nos responsabilités vis-à-vis des générations à venir…
Autant de questions qui ne peuvent évidemment pas laisser les Chrétiens
indifférents et qui vont même nécessiter de nouveaux « commandements » bien à la
hauteur des enjeux. La question « Qu’as-tu fait de ton frère ? » devrait maintenant se
doubler de cette autre qui la prolonge : « Qu’as-tu fait de la Terre ? ».
Alors, sous l’impulsion du nouveau pape, pourquoi pas une encyclique qui serait
à la question écologique ce que fut, à la fin du XIXe siècle « Rerum novarum » à la
question sociale ? »

DL

 

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