Quand Adam fait son miel

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Un fidèle lecteur du blog E&E relève l’approximation qui est faite dans une note récente autour des abeilles de Notre-Dame présentées sous le nom de « Frère Adam ». Une petite enquête rapide permet d’évoquer le travail séculaire des moines autour des colonies d’abeilles.

Dans notre cas, l’histoire « commence » au XIXe siècle, lorsque quelques moines français bénédictins, chassés de France par les lois anti-congrégationnistes de la IIIe République, trouvent refuge en Angleterre. C’était le 28 octobre 1882. Ils fondent un prieuré à Ramsgate puis élèvent les bâtiments de leur future abbaye à Buckfastleigh au cours des années 1906-07. Il faut attendre 1937 pour que les locaux, en style néo-normand, soient consacrés. De fait, l’abbaye en ce lieu est bien plus ancienne puisqu’une première fondation remonte à 1018 qui, sous l’effet de quelques français venus de Savigny-le-Vieux, sera affiliée à la grande famille cistercienne en 1147. A cette époque, c’est la pêche et le commerce de laine qui assure la subsistance. Aujourd’hui, il faut compter aussi sur l’artisanat monastique et l’apiculture.

Frère AdamC’est Karl Kehrle, un moine d’origine allemande (né en 1898) qui s’occupera de la miellerie de cette abbaye du Devon. Frère Adam -c’est son nom en religion- a cherché à améliorer la racine des butineuses locales, décimée par une mite (maladie de l’île de Wight). Pour cela, il croise plusieurs variétés résistantes jusqu’à obtenir la « Buckfast », une « abeille à miel bonne butineuse, peu agressive et peu essaimeuse », selon les spécialistes, après croisement de l’Apis mellifera mellifera, dite abeille française, et l’Apis mellifera ligustica.

La « Buckfast » (désormais marque déposée) est utilisée très largement par les apiculteurs du monde entier. Plus sensible au varroa que sa variante africanisée, elle est aussi beaucoup moins agressive que cette dernière (surnommée abeille tueuse).

Pour en savoir plus, on peut se rendre sur place et participer à l’une ou l’autre journée de formation à l’apiculture. On peut aussi aller visiter les magnifiques jardins du monastère qui contiennent pas moins de 150 variétés de lavandes qui ne forment qu’une partie du jardin des senteurs recrée d’après un modèle médiéval. Occasion de découvrir par exemple l’usage médicinal et artisanal des plantes tel que l’oignon et l’ail comme antibiotiques

DL

 

 

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