Du côté du « machin » comme disait le grand Charles, la vie continue. Fin mai, la troisième session du groupe de travail sur les buts du développement durable (!) a réfléchi sur le lien entre « l’eau et les commodités sanitaires ».
Mgr Francis Chullikatt, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU a partagé quelques réflexions sur le sujet.
Après avoir rappelé le statut particulier de l’eau pour chaque être humain, – « un élément essentiel pour la vie humain et un bien destiné à tous »- et donc la nécessité juridique de lui conférer une protection particulière, le nonce auprès de l’ONU a souligné que l’accès à l’eau et aux sanitaires relève bien d’un « droit de l’Homme universel ». Un appel vieux de 10 ans déjà qui a bien du mal à soulever les inerties gouvernementales et des organisations internationales. Un détail sans doute alors qu’on sait que ce sont 800 millions de personnes qui souffrent d’un manque d’accès à l’eau. Et un tiers de la population mondiale n’a pas accès à des commodités sanitaires.
« Ce ne sont pas là que des chiffres : ce sont là 2,5 milliards de nos frères et de nos soeurs »
Le nonce rappelle dans son intervention qu’il est temps d’agir pour promouvoir ces droits fondamentaux là plutôt que de « nouveaux droits de l’Homme » que certains promeuvent. Il ne s’agit plus, selon lui, de réfléchir si cela vaut la peine financièrement de lancer de tels programmes mais de réfléchir à « comment » les lancer.
« C’est le service de la personne humaine qui doit nous guide et non la quête, à tout prix, de la rentabilité économique. »
La coopération internationale est pour cela incontournable tant les problématiques de l’eau dépassent les frontières. Mais il faut aussi rappeler un usage responsable et modéré de cette ressource qui, elle non plus, n’est pas illimitée. Car, avec l’eau potable, nous avons sous les yeux la preuve de l’interdépendance des grands systèmes biologiques et la responsabilité de sa gestion relève donc de chacun de nous, dans les grands et les petits gestes. Mgr Chullikatt rappelle aussi le biais des Objectifs du millénaire pour le développement que l’ONU avait fixé : nous ne pouvons plus nous satisfaire de l’objectif de procurer de l’eau à la moitié de la population mondiale. Il s’agit de viser l’accès de tous à l’eau potable, puisqu’il s’agit bien d’un droit humain fondamental qui ne souffre donc pas d’exceptions. Tout comme il en va du « droit à la sécurité alimentaire » pour chacun, une autre réalité intimement liée à celle de l’accès à l’eau et aux sanitaires.
DL
Trad. DL