Ce que le Honduras endure

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Hondurasmineria-3Le Honduras n’est pas sorti de la crise. Quatre ans après le coup d’Etat en 2009 qui renversa militairement le président Manuel Zelaya, une nouvelle loi minière vient de passer en janvier dernier.

Une loi qui libéralise largement les concessions minières et ouvre le pays à tous les excès économiques et politiques, entrainant la multiplication des violations des droits humains, particulièrement envers les populations les plus pauvres.

« Ces gens vivent dans la peur et beaucoup de stress.  Peur d’être tués à coups de machettes, dès qu’ils s’opposent à l’industrie minière »,

explique le P. Cesar Espinoza, un religieux clarétain qui vit à Arizona, près de la côté caribéenne. La dénonciation est d’autant plus nécessaire et urgente que de nouvelles élections générales sont programmées en novembre prochain. De nombreux groupes catholiques en profitent pour mettre cette situation en lumière, notamment sur le plan international. Fin octobre, une réunion de travail rassemblera au Salvador, pour la deuxième fois, les réflexions de religieux, de chercheurs, de responsables communautaires de toute l’Amérique centrale et des Etats-Unis, de manière à  coordonner cette action.

« Nous avons réalisés, au cours de notre visite au Honduras, qu’il ne s’agissait pas d’une forme de violence générale ou alimentée par les gangs. Il y a ici une vraie influence d’individus très puissants au sein d’institutions étatiques fragilisées »,

souligne Shaina Aber, une laïque responsable de ces dossiers au sein de la Conférence jésuite américaine. Résultat ? Le pays est entré dans la liste des pays parmi les plus dangereux au monde et la situation des droits de l’Homme se détériore sans cesse.

L’exemple du village de Nueva Esperanza (!) est symptomatique : après avoir acquis la concession d’exploration et d’exploitation, la compagnie minière a envoyé sur place sept hommes armés pour s’assurer que personne ne s’opposera à ses projets. Après les menaces sur l’instituteur puis le prêtre du village qui ont du fuir tous deux, un observateur suisse des droits de l’Homme, vivant dans le pays, est venu dans le village pour une nuit. Il a été immédiatement retenu et menacé de longues heures durant par les hommes armés qui l’accusaient d’être un communiste ou un espion vénézuélien.

Le P. Espinoza confirme : « Il n’y a plus de justice dans notre pays ! », regrettant aussi que pour l’heure, la conférence épiscopale du pays, ne s’exprime pas beaucoup sur ce sujet brûlant.

« La hiérarchie de l’Église a pris position pour le développement du pays, en supposant que cela aidera un pays pauvre tel que le nôtre, raconte un journaliste de la station de radio jésuite locale. Le problème, c’est que ce développement se fait au détriment des gens ! »

DL

Source : Ezra Fieser ; Catholic News Service

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