COMECE – Le changement climatique, une réalité qui dérange

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2015 José maria JimenezEuropinfos, la lettre d’information mensuelle des Conférences épiscopales catholiques européennes (COMECE) et du bureau européen jésuite, entame une série d’articles en vue d’analyser les enjeux de la COP 21. José Ignacio Garcia, membre de la communauté jésuite Saint Benoît dont les membres sont engagés dans les questions européennes, entame cette série par une analyse des impacts du changement climatique déjà identifiés en Europe et sur les projections pour les prochaines années.

 Les tendances observées et les futures projections climatiques font apparaître des variations régionales en matière de température et de précipitations en Europe, avec des projections d’augmentation des températures dans toute l’Europe, l’augmentation des précipitations dans le nord de l’Europe et la baisse des précipitations en Europe méridionale. Les projections climatiques montrent un accroissement notable des extrêmes de températures élevées, des phénomènes de sécheresse météorologique et des épisodes de fortes précipitations.

Confirmation de la hausse des températures

La majorité des évaluations publiées reposent sur des projections climatiques indiquant une élévation de 1°C à 4°C de la température moyenne globale par siècle. Mais les preuves sont limitées en ce qui concerne les impacts potentiels en Europe en cas de taux élevés de réchauffement (>4°C d’élévation de la température moyenne globale par siècle). La température moyenne en Europe a continué d’augmenter, même si l’on observe des variations du taux de réchauffement selon les régions et les saisons, les chiffres les plus élevés se situant sous les hautes latitudes d’Europe du nord. Depuis les années 1980, c’est en Scandinavie que le réchauffement est le plus important, surtout en hiver, tandis que la péninsule ibérique a principalement vu son taux de réchauffement augmenter en été. La température moyenne sur la surface terrestre pour la décennie 2002–2011 est supérieure de 1,3° ± 0,11°C à la température moyenne pour la période 1850–1899. Depuis 1950, les extrêmes de températures élevées (journées très chaudes, nuits tropicales et vagues de chaleur) sont devenus plus fréquents, alors que les extrêmes de températures basses (vagues de froid, journées de gel) sont devenus moins fréquents. Les hivers froids qu’ont récemment connus l’Europe du nord et l’Europe atlantique reflètent la variabilité naturelle élevée de la région et ne vont pas à l’encontre de la tendance générale au réchauffement. En Europe de l’est, y compris dans la partie européenne de la Russie, l’été 2010 a été exceptionnellement chaud, avec une amplitude et une étendue géographique qui ont dépassé la précédente vague de chaleur de 2003. Il y aura en particulier une augmentation notable des phénomènes extrêmes en Europe sous la forme de vagues de chaleur, de sécheresses et d’épisodes de fortes précipitations. L’analyse des tendances en matière de sécheresse est rendue complexe par les différentes catégories ou définitions de la sécheresse (sécheresse météorologique, sécheresse agricole, sécheresse hydrologique) et par le manque de données d’observation à long terme. L’Europe méridionale montre des tendances allant dans le sens de sécheresses météorologiques plus intenses et plus longues, mais ces tendances manquent encore de cohérence.

Augmentation de la fréquence des événements climatiques extrêmes

Le degré de confiance est généralement élevé chez les experts en ce qui concerne les changements relatifs aux extrêmes de température (dans le sens d’une augmentation du nombre de journées chaudes, de nuits chaudes et de vagues de chaleur). Le changement climatique va accroître la probabilité de défaillances systémiques dans les pays européens, causés par des événements climatiques extrêmes affectant de multiples secteurs. Il est fort probable que le changement climatique va augmenter la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur, en particulier en Europe méridionale, avec des répercussions essentiellement négatives sur la santé, l’agriculture, la sylviculture, la production et l’utilisation d’énergie, les transports, le tourisme, la productivité de la main-d’oeuvre et l’environnement bâti. Les projections indiquent que l’élévation du niveau des mers et les augmentations des épisodes de précipitations extrêmes vont encore accroître les risques d’inondation dans les zones côtières et le long des cours d’eau en Europe et si l’on ne prend pas de mesures d’adaptation, les dégâts causés par les inondations vont considérablement augmenter (en termes de personnes touchées et de pertes économiques).

L’agriculture européenne et les étendues naturelles en danger

Le changement climatique augmentera probablement les rendements céréaliers en Europe du nord tout en les diminuant en Europe méridionale. Le changement climatique augmentera aussi les besoins en irrigation, mais l’irrigation sera limitée à l’avenir par la réduction du ruissellement, la demande des autres secteurs et les coûts économiques. Dans les années 2050, l’irrigation ne suffira pas à prévenir les dégâts causés par les vagues de chaleur aux cultures de certaines sous-régions. Les coûts systémiques vont augmenter dans tous les scénarios climatiques. La gestion intégrée de l’eau, qui doit également se faire par-delà les frontières nationales, est nécessaire pour faire face aux futures demandes concurrentes de l’agriculture, de l’énergie, de la conservation et des habitats humains. Le changement climatique observé affecte un large éventail de flore et de faune, y compris les ravageurs et les maladies des végétaux ainsi que les hôtes et les vecteurs des maladies. Il est fort probable que le changement climatique provoque des changements au niveau des habitats et des espèces, avec des extinctions locales et des déplacements de la répartition des espèces au niveau continental.  On ne peut que féliciter le GIEC pour sa contribution, qui apporte de solides éléments scientifiques au débat. Au cours des quinze dernières années, le volume des recherches liées au changement climatique a connu une augmentation exponentielle, ce qui oblige le débat politique à se focaliser davantage sur les mesures d’atténuation et d’adaptation que l’on peut déduire des apports scientifiques. L’urgence est évidente.  Dans l’Eglise, on note aussi des attentes croissantes à l’égard de la COP 21. On annonce que la prochaine encyclique du pape François portera sur le changement climatique, avec l’intention déclarée du pape d’avoir comme objectif d’influencer la réunion des Nations Unies sur le climat à Paris, en décembre de cette année. A bord de l’avion qui le conduisait du Sri Lanka à Manille, le pape François a parlé avec les journalistes, en leur disant : « Je ne sais pas si le changement climatique est entièrement de la faute de l’homme, mais en majorité oui. C’est surtout l’homme qui fait souffrir en permanence la nature. En un sens, nous nous sommes pris pour les maîtres de la nature, nous avons méprisé notre sœur la Terre, notre mère la Terre. Je crois que l’homme est allé trop loin. Dieu merci, il y a aujourd’hui des voix qui s’élèvent pour dénoncer cela« .

Une bonne occasion pour découvrir le site jésuite du Secrétariat pour la justice sociale et l’écologie

Source

 

JESC

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