CONGO – Purifier nos tristes mines

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2015 Kibali CongoUne des plus grandes réserves d’or d’Afrique. L’exploitant minier KibaliGold, à l’est du Congo, est assis sur un trésor qui devrait assurer son développement et celui de la région toute entière. Mais à quel prix ?

Ce sont 10 permis couvrant 1836km2, dans les champs miniers du Moto, qu’exploitent depuis 2013 un conglomérat minier composé de Randgold (45%), AngloGold Ashanti (45%) et du congolais SOKIMO (10%), avec un investissement de l’ordre de 2,5 milliards de dollars. Un gouffre énergétique aussi, puisqu’il faut pas moins de 4 centrales hydroélectriques et une thermale pour assurer l’énergie nécessaire au creusement des galeries et des travaux de purification du minerai.

L’Eglise catholique est aussi présente sur le terrain. Pax-Pays-Bas et la Commission épiscopale des ressources naturelles de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CERN/CENCO) ont, en effet, mené l’enquête, de septembre 2014 à janvier 2015, sur les risques sécuritaires dans le secteur. Le rapport « Géant Minier Kibali : ôter les impuretés pour que l’or soit pur », rendu le 26 août 2015 à Kokiza (Durba-Watsa), en présence de représentants religieux, industriels, de la société civile et du pouvoir coutumier de la région fait écho aussi au travail que mène, depuis plusieurs mois, le Conseil Pontifical Justice et Paix, à Rome, auprès des entreprises minières.Depuis cet évènement, KibaliGold a bien changé sa communication, diffusant chaque semaine un état des lieux sur la radio locale. Mais, les sujets plus délicats sont encore peu abordés.Ainsi, la prise en charge des victimes des droits humains dans la région du fait des méthodes d’exploitation n’est pas encore à l’ordre du jour. Le CERN/CENCO a publié, du coup, un autre rapport le 25 septembre dernier, pour s’engager davantage « à réduire le paradoxe entre l’abondance de ressources naturelles et la pauvreté des populations congolaises », rapporte l’agence congolaise de presse.

« La prise de conscience des grands pollueurs (est encore loin) d’équivaloir à leur engagement concret et aux efforts souvent exigés des pays des deux bassins poumons forestiers du monde (bassin d’Amazonie et du Congo) pour la conservation de leur forêt et de leur biodiversité ».

A quoi les évêques de la région, invitant au développement d’une « diplomatie écologique », ajoutent qu’il faut développer des

« mécanismes de pression légitimes pour que chaque gouvernement accomplisse son propre et intransférable devoir de préserver l’environnement ainsi que les ressources naturelles de son pays, sans vendre à des intérêts illégitimes locaux ou internationaux ».

Pas sûr que cela impressionne beaucoup KibaliGold. Occasion de présenter aussi l’homme clé de ce projet, Mark Bristow dont un portrait a été réalisé dans The Guardian en 2011. Dans cet article, il évoque le milieu des exploitants miniers qui est le sien :

« Gold is an intriguing metal but it corrupts markets, mining companies and investors alike, »

« L’or est un métal fascinant, mais il corrompt les marchés, les compagnies minières. Tout comme les investisseurs. »

DL

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