ROME – Les quatre poings cardinaux

Des hommes de poigne. Parmi les 14 nouveaux cardinaux annoncés par le pape François dimanche 29 mai, plusieurs figures dont l’engagement illustrent les enjeux de l’écologie intégrale sortent du lot. A suivre…

2018 ECOLOGIE Eglise Mgr-Pedro-BARRETO_0_729_486Mgr Pedro BARRETO, 74 ans, jésuite, ancien évêque d’Acufida (2001-2004), archevêque de Huancayon, dans l’altiplano péruvien.

En 2013 déjà, l’homme confiait au journal :  « Toute l’Église doit être écologique, car tout chrétien doit préserver sa vie en harmonie avec la nature et avec les autres ».  Depuis, il a été appelé à participer au conseil préparatoire du Synode de l’Amazonie qui se tiendra à Rome en octobre 2019.

Défenseur actif de l’environnement, il explique : « Tout ce qui affecte l’eau, l’air, la terre, affecte les hommes, surtout les plus pauvres ! Défendre l’environnement, c’est donc permettre aux pauvres de mieux vivre ».  Dans la ville minière de La Oroya, il fait l’expérience directe des conséquences de cette industrie. La ville de 35 000 habitants est parmi la plus polluée au monde. Depuis les affrontements de 2005, le prélat à lancé une table ronde pour sortir de l’impasse. Gaulthier Vailhant dans La Croix rappelle :

L’État oblige alors la Compagnie américaine Doe Run (propriétaire de l’exploitation minière depuis 1997) à mettre en œuvre un programme d’assainissement et de gestion de l’environnement. Mais, multipliant menaces et pressions, l’entreprise obtient des dérogations. Autant d’« affronts pour la population » selon Mgr Barreto, qui lance aussi le projet « El Mantaro revive » (le Mantaro revit) avec Caritas Huancayo, en aval de La Oroya.Tous ces combats, le pape était venu les saluer en janvier lors de sa visite au Pérou : en créant cardinal Mgr Pedro Barreto, inlassable défenseur des plus défavorisés – il fut président de la Commission épiscopale pour l’action sociale et président du Département de la Justice et de la Solidarité du Conseil épiscopal latino-américain –, il leur donne une force supplémentaire.

Sur le site Aleteia, est raconté comment cette nomination

a suscité la joie de tout le Réseau ecclésial pan-amazonien (REPAM) qui voit en cette nomination « une signification très profonde, de grande espérance et de profonde responsabilité » pour tous ceux qui sont proches de lui et s’engagent à « le soutenir dans cette voie de parresia que le Pape indique actuellement, pour devenir une Eglise en sortie et pleine de courage », et encore plus au sein du REPAM qui constitue pour eux « un Kairós de Dieu pour promouvoir l’écologie intégrale », a confié à l’Agence Fides laïc catholique équatorien Mauricio Lopez, qui est également Secrétaire exécutif du REPAM.

2018 ECOLOGIE Eglise cardinal bolivien.jpgMgr Toribio TICONA PORCO , 81 ans, évêque émerite de Corocoro (Bolivie)

L’homme est d’origine modeste et revendique ses racines andines. Figure majeure de l’Église bolivienne, il est toujours resté proche du monde ouvrier, en particulier minier.  On peut citer par exemple son intervention, en 1997, pour la XVIe assemblée préparatoire du synode des évêques d’Amérique. Après avoir souligné que les peuples andins, après 500 ans de soumission, continuent pourtant de résister en préservant leur identité, Mgr Porco rappelle que c’est la vie en communauté réelle et bienveillante qui le permet.

 

« L’expérience m’a appris que Dieu est le catéchiste du monde et qu’il rejoint tous les enfants qu’Il a créé, qu’Il n’oublie pas et à qui Il enseigne son catéchisme, même quand ils sont dans des terres très éloignées où les missionnaires ne sont jamais venus. Dieu catéchise par une manière mystérieuse avec l’alphabet des étoiles, la beauté de la Création et les découvertes des humains. Nous, évêques indigènes, nous rêvons de nos paroisses comme étant des « communautés de communautés » naturelles, avec leurs propres agents pastoraux qui s’identifient dans ces cultures, aiment leurs frères et sœurs et qui, en plus des ministres ordonnés, ont des ministères de la Parole, des enseignants, des promoteurs de la santé naturelle et des droits civiques, des promoteurs des femmes et des femmes des religions indigènes sans dévaluer la valeur des missionnaires, hommes et femmes, qui auront toujours une place parmi nous. Bien sûr, tout cela est sous l’autorité de ‘Jacha tata’, le Saint Père Jean Paul II. De ces principes des Eglises locales missionnaires, inculturées et pascales et des communautés indigènes auxquelles j’appartiens par mon sang et mon engagement pastoral, je suggère les propositions suivantes : 1. Étudions en profondeur nos efforts d’inculturation parmi les peuples indigènes et les peuples afro-américains, comme une réponse à la globalisation croissante qui menace notre identité sociale et culturelle. // 2. Dénonçons l’accaparement historique et actuel des terres de leur propriétaires légitimes et la destruction de leurs moissons. Essayons de leur redonner leur place d’acteurs pastoraux intégraux. // 3. Assurons nous que les catholiques indigènes deviennent leurs propres promoteurs et évangélisateurs. (…) » (trad. E&E)

2018 ECOLOGIE Eglise MadagascarMgr Desiré TSAHARAZANA, 63 ans, archevêque de Tamatave (Madagascar) 

L’archevêque de Tamatave, 63 ans, préside de la conférence épiscopale de Madagascar depuis 2012. Sous son impulsion, l’Église a dénoncé à plusieurs reprises la corruption et la pauvreté dans l’île.

 

2018 ECOLOGIE Eglise cardinal japonaisMgr Thomas Aquino Manyo MAEDA, 69 ans, archevêque d’Osaka.

Moins de quatre ans après l’avoir nommé archevêque d’Osaka (Japon), le pape François va créer cardinal celui qui fut évêque d’Hiroshima (2011-2014) après avoir été ordonné prêtre pour le diocèse de Nagasaki. Ces noms expliquent à eux seuls l’engagement de Mgr Thomas Manyo Maeda, 69 ans, pour la dénucléarisation de son pays, renforcé encore par le drame de Fukushima, en 2011.

DL

PS : on aurait aussi pu, pour parler d’écologie intégrale citer Mgr Konrad Krajewski, polonais de 54 ans qui est à la fois cérémoniaire pontifical et au aumônier apostolique, très engagé auprès des personnes en précarité à Rome. .

Préférant être appelé « Don Corrado », il a prévenu : « Quand on m’appelait “Excellence”, je faisais payer 5 € pour les pauvres. Pour “Éminence”, ce sera 10 € ! »

 

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Tomezzoli Geneviève dit :

    Article à mettre en valeur dans nos églises et dans nos équipes CCFD : il peut aider à motiver les gens pour s’engager avec Eglise verte.

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