EXPOSITION – Des religieux qui ont du chien

2018 ECOLOGIE Eglise St Bernard1Au col du Grand-Saint-Bernard, une exposition récente rappelle l’histoire de la collaboration entre les religieux qui assurent l’hospitalité et les chiens d’avalanche.

Ils sont blancs, rouge-brun et ont des oreilles retombantes. Sans oublier le légendaire petit baril de liqueur accroché à leur cou pour réchauffer les corps endoloris par le froid qu’ils sont venus secourir. Les chiens de sauvetage qui ont fait la réputation de cet hospice ont trois siècles d’histoire derrière eux, assurant la sécurité du passage entre le Valais suisse et le Val d’Aoste italien.
L’hospice lui-même a une histoire millénraire, fondé par saint Bernard de Menthon, à 2473 m d’altitude, dans un environnement particulièrement hostile, accueillant notamment les pèlerins de la Via Francigena. Mais désormais, les grands chiens de montagne ne sont plus habituellement présents à l’Hospice que de juin à octobre, période de l’ouverture du col. Première attraction des touristes qui s’y arrêtent, ils reviendront cette année le 14 juillet prochain repeupler le chenil de l’Hospice, en train d’être entièrement remis à neuf. Les saints-bernards ne sont plus la propriété des chanoines : ils ont été vendus en 2005 à la Fondation Barry, à Martigny, dont le nom fait référence à un chien qui aurait suavé une quarantaine de voyageurs entre 1800 et 1812.

 

Jean-Michel Lonfat, prieur de l’Hospice depuis octobre dernier raconte :

“Il y a un lien historique entre les chanoines et les saints-bernards, qui ont été élevés ici pendant plus de trois siècles, jusqu’à qu’ils soient repris par la Fondation Barry. L’élevage originel a vu le jour à l’Hospice, mais les chiens n’étaient déjà plus utilisés depuis des années pour l’accompagnement des voyageurs et le sauvetage en montagne, qui utilise des hélicoptères et des chiens plus légers.” “L’élevage des chiens était devenu une charge trop lourde pour les chanoines, mais le lien avec le lieu d’origine du chien a été maintenu, avec la présence des chiens au col durant l’été”. “Notre communauté, qui possède le chenil et en paie la transformation pour le mettre aux normes actuelles de la protection des animaux, ne s’occupe plus des chiens. Ils sont soignés par les professionnels de la Fondation Barry. On les voit passer, mais ils ne nous appartiennent plus. Mais c’est sûr: on ne pourrait pas imaginer un été à l’Hospice sans les chiens!”.

Une exposition ouverte depuis le 10 juin 2017 évoque notamment le lien entre la longue activité hospitalière du lieu et la récente présence de chiens de sauvetage

. “La montagne nous aide à entrer en relation avec la Création, et les animaux en font partie. Nous rencontrons davantage les chamois, les bouquetins, les marmottes, les renards. Ils viennent manger tout près de l’Hospice ou on les rencontre sur la route, tôt le matin, avant que n’arrive le flot des véhicules, ou le soir, quand tout redevient calme. Ils s’approchent davantage quand les chiens ne sont pas là, car ils sentent leur odeur et entendent leurs aboiements”. “L’encyclique du pape François Laudato sì  nous invite à mieux prendre soin de notre maison commune, la Création. Les animaux en font partie, même s’il ne faut pas les mettre au même niveau que l’Homme!”, conclut le prieur, avant de se rendre à l’office du milieu du jour. A l’entrée de l’Hospice, cette sentence rappelle la mission de ce refuge d’humanité: “Ici, le Christ est adoré et nourri”.

DL

Source : 04.07.2017 par Jacques Berset, cath.ch

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