BIODIVERSITE – L’autre patrimoine à sauver de Notre Dame de Paris

L’incendie dramatique qui a détruit la vénérable toiture de la cathédrale Notre-Dame de Paris a aussi fait trembler de peur les naturalistes.

Si notre mémoire littéraire nous fait chercher dans les tours de Notre Dame l’ombre du mythique Quasimodo et de sa belle, on aura pourtant plus de chance de trouver en chair et en os un couple de Faucons crécerelles (Falco tinnunculus) installés là de longue date.  En effet, les Faucons de la cathédrale ont été repérés nichant ici dès 1840, profitant des « trous de boulin », des ouvertures placées dans les murs pour supporter les traverses des échafaudages nécessaire à la construction, pour faire leurs nids. Ces dernières années ils ont surtout été vus sur les transept nord et sud, mais aussi sur le chœur, les côtés de la nef et la tour sud. On a pu compter jusqu’à 4 nichées certaines années. Ils cohabitent là avec les Pigeons bisets, les Pigeons colombins, les martinets noirs et les moineaux domestiques et les étourneaux sansonnets. Les Choucats des tours, eux, ne nichent plus sur la cathédrale. Les observations des Faucons ont permis de noter que les campagnols des champs dont ils se nourrissent en majorité sont chassés dans les bois de Vincennes et de Boulogne. Avant l’incendie, un couple de Faucons s’apprêtait à nicher et pondre sur la façade est du transept nord. Quelques jours après l’incendie le couple a été revu dans la cavité prévue. Comme la couvaison commence d’habitude vers le 24 avril et dure une trentaine de jours, tous les espoirs sont permis, à moins que les travaux de protection du bâtiment intranquillisent trop les oiseaux ? Il faudra voir, dans les années à venir si le Faucon pèlerin et le Tichodrome échelette, déjà aperçus sur la bâtisse feront aussi leur retour. A noter qu’à Paris, les ornithologues dénombrent actuellement une trentaine de ces petits rapaces au vol rapide.

Autre bonne nouvelle : il semble que les ruchers installés depuis 2013 sur les toitures latérales n’ont pas souffert de l’incendie. Nicolas Géant, l’apiculteur du site, avait craint que trois ruches avaient brûlé, mais il a depuis eu des informations lui indiquant que les ruches étaient bien là et que les abeilles poursuivaient leurs va et vient.Nicolas Géant a reçu des messages et des appels du monde entier de personnes se demandant si les abeilles avaient péri dans les flammes. « C’était inattendu. J’ai reçu des appels d’Europe, bien sûr, mais aussi d’Afrique du Sud, du Japon, des États-Unis et d’Amérique du Sud », dit-il l’apiculteur, étonné de cette solidarité apicole. Il précise aussi qu’en cas d’incendie et dès les premiers signes de fumée, les abeilles se « gorgent » de miel et protègent leur reine.« Cette espèce (l’abeille européenne) n’abandonne pas sa ruche. Elles ne possèdent pas de poumons mais le CO2 les endort ». Si tout va bien, la production de 25 kg de miel par ruche, vendu au personnel de la cathédrale, sera encore au rendez-vous cette année.

Source : Ornithomedia /

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