RENCONTRE – Finances et dignité

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Le 13 octobre dernier s’est tenu à Rome une conférence sur le thème : “Cinq ans après Laudato Si, des investissements éthiques pour un monde durable”. Une bonne occasion pour évoquer les pistes ouvertes par cette encyclique et le texte récent sur la fraternité.

Ce sont les médias du Vatican qui ont organisé la rencontre, avec la banque Sudtirol en collaboration. Le site Vaticannews.va donne plus d’infos :

Parmi les participants figuraient le cardinal Gianfranco Ravasi, préfet du Conseil pontifical pour la culture, et des représentants de sociétés fournissant des services financiers compatibles avec le développement durable. Religieux et représentants du monde financier se sont interrogés ensemble sur le message des encycliques du pape François Laudato Si et Fratelli tutti, plus spécialement sur l’aspect du développement durable. «La durabilité n’est pas seulement un phénomène technique: elle est entrée parmi les droits de l’homme de la quatrième génération», a déclaré le cardinal Ravasi, préfet du Conseil pontifical pour la culture, présent à cette rencontre. «La finance est un moyen, a-t-il ajouté. Ne vous laissez pas conquérir par la splendeur, par le pouvoir de gestion par rapport au projet. N’oubliez jamais que le travail n’est pas seulement un atout. C’est aussi la dignité d’une personne. Gandhi nous a laissé un dicton (…) selon lequel le monde sera détruit par une politique sans principes, par la richesse sans travail, par les affaires sans éthique, par la science sans humanité. Le monde sera détruit par une religion sans foi, par une intelligence sans sagesse, par une vague solidarité sans sacrifice», a mis en garde le prélat.La finance est compatible avec l’éthique, a pour sa part affirmé Alfonso Meomartini, directeur de division de la Südtirol Bank, ajoutant que les entreprises qui attachent de l’importance à l’éco-durabilité peuvent elles aussi réussir. Le père Augusto Zampini, secrétaire adjoint du Dicastère pour le service du développement humain intégral, a souligné que dans le contexte actuel de pandémie, un changement se fait encore plus nécessaire. «La crise économique et financière était censée être l’occasion de revoir les critères éthiques qui sont à la base de cette crise: au lieu de cela, la réponse financière a été insatisfaisante, et les critères n’ont pas changé, au contraire, ils sont devenus plus vigoureux», a-t-il fait remarquer. «Nous devons nous demander quelle fin ultime nous voulons donner à la finance: sinon, si la fin éthique est vidée de son sens, la finance ne peut être régulée», a prévenu le père Zampini. Ces dernières années, le financement durable a commencé à être régi par des critères réglementaires, a ensuite précisé Roberto De Marchis, professeur de mathématiques financières à l’université romaine La Sapienza, en rappelant qu’en 2018, la Communauté européenne avait publié un plan avec des règles précises sur la finance durable, donnant une contribution et des enjeux très forts aux opérateurs du secteur. D’un point de vue culturel également, les thèmes de la finance durable et de l’économie circulaire occupent une place de plus en plus importante dans les cursus et les activités de formation. «Les jeunes sont certes attirés par la logique de la gestion de portefeuille, les méthodes quantitatives et l’optimisation financière, mais ils associent toujours ces évaluations à un concept d’économie durable», a témoigné l’enseignant. Investir selon des logiques éthiques ne signifie pas avoir des profits plus faibles, a assuré pour sa part Pietro Invernizzi d’Aism Luxembourg. Très souvent, c’est même le contraire qui est vrai. «Nous essayons de favoriser les investissements qui défendent la vie dès la conception, promeuvent la famille et le rôle des femmes et favorisent l’économie circulaire», a-t-il expliqué à propos de son entreprise.L’époque actuelle, malgré la crise sanitaire, peut être vue comme une opportunité de changement. Antonio Bottillo de Natixis, une société de gestion offrant des solutions d’investissement, perçoit même des signes encourageants pour l’avenir. Lors des crises précédentes, a-t-il expliqué, le problème était la finance. Mais aujourd’hui, elle fait partie de la solution: «il existe un écosystème, même réglementaire, qui permet de faire cela». Il faut aussi garder à l’esprit que la finance va de pair avec la responsabilité. Stefano Magnani de Candriam, une société de gestion d’actifs qui s’engage en faveur de l’investissement durable et responsable, a déclaré que «la différence est liée à la responsabilité dans les actions. Il est crucial pour nous de transformer nos convictions et nos responsabilités en actions concrètes. Nous reversons 10 % des frais de gestion que nous recevons à des projets sociaux. Cela signifie qu’il faut redistribuer les ressources de la planète par le biais de projets d’inclusion sociale», a-t-il plaidé.Le secteur de la biotechnologie a également été évoqué pour des investissements durables. Andrea Sanguinetto, de Pramerica, a ajouté que le fait de s’intéresser à la durabilité signifie également avoir le contrôle des risques éventuels que l’analyse financière traditionnelle n’est pas toujours en mesure de détecter. Une prudence qui constitue un soutien supplémentaire à ces stratégies d’investissement.

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