EAU – Ressource humaine

Ce dimanche, c’était la journée mondiale de l’eau. Occasion pour les instances vaticanes de s’exprimer sur ce sujet crucial.

Le traditionnel rapport de l’Unesco sur l’eau se frotte cette année à une épineuse question : celle de l’évaluation de la valeur de l’eau. Une des idées directrices du rapport est que le prix de l’eau est sous-évalué et sa valeur sous-estimée dans le monde. Et ceci constituerait un obstacle à sa bonne gouvernance. « Ne pas attribuer assez de valeur à l’eau dans tous ses emplois constitue une cause majeure, voire un symptôme, de la négligence politique vis-à-vis de l’eau. »

Pour l’Angelus, le pape a aussi partagé sa réflexion sur le sujet rappelant que «pour nous, croyants, « sœur eau » n’est pas une marchandise: c’est un symbole universel et une source de vie et de santé» (…). «Il est nécessaire de garantir une eau propre et des installations sanitaires pour tous», Le pape a cité aussi l’Institut universitaire de l’eau et de l’assainissement (Instituto Universitario del Agua y el Saneamiento, UIAS) situé à Buenos Aires, récemment créé, qui offrira une formation universitaire dans ce domaine et dont le recteur est son ami Luis Liberman.

Depuis un an, le dicastère pour le Service du Développement humain intégral s’implique aussi dans le projet WASH visant à améliorer l’accès à l’eau et les conditions d’hygiène dans des établissements de santé catholiques. Dans un communiqué, il fait part d’avancées concrètes et témoigne des espoirs que suscite cet engagement. Le projet WASH, qui concerne l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène, a été élaboré par le dicastère avec des congrégations, des évêques, Caritas Internationalis et Global Water 2020. Il a été annoncé en même temps que la publication du document « Aqua fons vitae« . Orientations sur l’eau, symbole du cri des pauvres et du cri de la Terre’, tel est le sous-titre du document « Aqua fons vitae » publié par le Dicastère pour le Service du … Le dicastère a envoyé une lettre à tous les évêques, les exhortant à contribuer à assurer des conditions répondant au projet WASH «dans tous les établissements de soins de l’Église catholique, de façon à y soigner les patients en sécurité, à éviter toute ultérieure propagation du Covid-19 ou d’autres maladies, et à protéger les professionnels de la santé ainsi que les aumôniers», s’assurant notamment que chacun soit en mesure de «faire face à une véritable situation de détresse dans des établissements de soins actifs dans les zones isolées ou pauvres».

Des conférences épiscopales, des diocèses, des congrégations – par exemple les Frères Hospitaliers de Saint-Jean de Dieu, gérant 400 centres sociaux et de santé dans 52 pays – et plusieurs Caritas ont déjà répondu à cet appel. Une évaluation détaillée est en cours dans environ 150 établissements (des petits dispensaires aux hôpitaux) dans 22 pays: des devis sont ainsi préparés afin de comprendre comment améliorer les conditions prévues par le projet WASH et s’aligner sur des normes appropriées par le biais d’infrastructures, d’équipements, de maintenance et de formation. Aloysius John, le secrétaire général de Caritas Internationalis, considère que cela aidera «à prévenir la propagation de nouvelles maladies et à garantir des soins décents aux patients dans les établissements de santé. Partout dans le monde, de nombreuses Caritas locales mènent des programmes similaires faisant en sorte que les paroisses, les communautés, les centres de santé et les écoles aient les moyens de protéger la santé des personnes qu’elles servent». Les résultats préliminaires de l’évaluation révèlent un besoin urgent d’intervenir dans certaines zones. La présidente de l’Union mondiale des organisations féminines catholiques (UMOFC), María Lía Zervino, estime elle aussi que «l’appel du Dicastère est fondamental. Les femmes membres de l’UMOFC, qui travaillent sans relâche au niveau des organisations de base dans les différents continents, en s’occupant des familles défavorisées, des sans-abris et des personnes âgées vulnérables à la Covid-19, sont témoins du besoin terrible en eau potable qui manquait dans les zones à haut risque social avant même la pandémie. Sans investissements pour garantir que le droit à l’eau potable soit accessible également aux plus démunis, tous les efforts d’éducation en matière santé seront vains».

Cette année, le dicastère propose aussi, du 22 au 26 mars, une série de cinq conversations sous la forme de webinaires autour du document Aqua fons. Des intervenants de différents pays, de congrégations religieuses, de diverses structures d’Eglise et d’organisations internationales ou régionales partageront leurs réflexions et leurs témoignages sur les thèmes d’Aqua fons vitae. Ces webinaires sont organisés en collaboration avec d’autres partenaires et institutions.

Contacts presse : press@humandevelopment.va . •Davantage d’informations et les liens vers les webinaires : http://www.humandevelopment.va .

Voici le lien pour s’enregistrer : https://us02web.zoom.us/webinar/register/WN_JQP_hVQPRjK1k2ERSmG3MA

Pour l’occasion, on peut signaler aussi une lecture intéressante : « Ce que dit la Bible sur l’eau, du P. Thomas O’Borne.  » S’interroger sur ce que la Bible dit de l’eau n’est certes pas innocent. Ce bien naturel nous est vital tout autant que le réchauffement climatique révèle sa fragilité. Bien sûr, la Bible ne nous apportera pas de réponses techniques, ni même l’assurance que Dieu viendra à notre secours. Mais elle nous éveille à l’expérience millénaire humaine en rapport avec l’eau, dans ses multiples formes et située dans des contextes sociaux très diversifiés, alors que pour nous l’accès immédiat à l’eau, à travers nos robinets multiples à domicile, est d’une évidence pure. La Bible nous ouvre au riche symbolisme dont l’eau est porteuse. »

Une enquête menée en France sur les usages de l’eau donne aussi quelques clés. La quasi-totalité des Français (89%) interrogée dans le cadre d’une enquête menée par Kantar pour le Centre d’information sur l’eau se dit attentive aux quantités d’eau consommées. Cette adhésion massive en faveur d’une consommation plus sobre de l’eau est inspirée par une volonté de protéger l’environnement : Un tiers (31 %) reconnait surveiller sa consommation d’eau pour contribuer à la préservation des ressources en eau en France, 26 % pour la sauvegarde de la planète… Soit un total de 57 % inspirés par des considérations environnementales. Plus de 7 consommateurs sur 10 (74%) seraient intéressés par la mise à disposition d’un service de suivi régulier de leur consommation d’eau à domicile.87% des français accepteraient d’utiliser une eau du robinet issue du recyclage des eaux usées pour leurs usages domestiques (hygiène, sanitaire, nettoyage…) 78% des français sont disposés à consommer des légumes arrosés avec des eaux dépolluées. Plus d’un consommateur sur deux (55%) boirait une eau du robinet issue du recyclage des eaux usées !

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