CARÊME 12/40 – Restauration rapide

En décembre dernier, la communauté internationale s’est réunie pour la COP15, un sommet consacré à la défense de la biodiversité. La rencontre à Montréal a aussi été l’occasion de présenter deux nouveaux guides dédiés spécifiquement aux communautés croyantes.

Il faut dire qu’elles ont un rôle particulier sur la planète. On estime à près de 8% des terres habitables et 5 % des forêts privées comme étant gérées par des communautés religieuses, selon le programme des Nations Unies dans son projet intitulé « Faith for Earth » (Les religions pour la foi).

De fait, puisque 8 habitants du monde sur 10 disent appartenir à une tradition religieuse, leur rôle parait décisif pour protéger et restaurer les écosystèmes. Une conviction portée depuis longtemps notamment par l’ONG WWF international, qui a organisé de longue dates des rencontres en ce sens, notamment en France.

Cette ONG, avec les Nations Unies et le projet the Trillion Trees ont ainsi publié un guide en dix langues pour le développement durable des forêts.

Ce guide propose six étapes pour soutenir et développer la plantation et la préservation des forêts. Car ces écosystèmes préservent à la fois la biodiversité et soutient la vie des populations (énergie, santé, revenus, alimentation). Il s’agit donc non seulement de planter mais aussi protéger et préserver les arbres au cours de leur croissance. Un processus de développement donc et pas une simple logique comptable

Quelles sont les étapes proposées ? D’abord réfléchir sur le sens d’une telle initiative. Le projet consiste-t-il à créer un lieu de prière ou de méditation ? Ou d’offrir de nouvelles ressources alimentaires pour une population ? ou de protéger des espèces locales ? A partir de là, il s’agit d’établir les partenariats conséquents pour que les terres où sont plantées les arbres soient préservées durablement. Vient le moment de sélectionner les bonnes espèces d’arbres locales et de mettre en place les pratiques de préservation.

Depuis plusieurs années les communautés croyantes ont commencé à s’engager plus activement dans ce genre de programme. Depuis 2017, par exemple, l’initiative interreligieuse pour les forêts tropicale milite pour la fin de la déforestation au Brésil, Colombien, RDC, Indonésie et Pérou qui rassemblent 70° % des forêts restantes. Le guide publié lors de la COP15 veut participer au défi de renverser le processus mondial de destruction des écosystèmes. Les grands programmes comme la muraille verte en Afrique et la régénération naturelle du fleuve du Gange sont ainsi activement promus.

Un autre guide a aussi été proposé durant la COP15, évoquant la restauration des écosystèmes. Créé par le centre d’éthique de la Terre, formé en 2015 à New York, ce guide veut aider les communautés croyantes dans les projets de restauration des écosystèmes.

Il résulte d’une série de consultations qui ont eu lieu, par exemple, en Louisiane, dans le couloir industriel surnommé la « Cancer alley » du fait de l’impact de ces industries chimiques sur la santé des riverains. Mais aussi aux Philippines où des gardiens de la forêt luttent pour la survie de l’aigle local. Les projets de protection et de restauration sont aussi une invitation pour ces communautés à renouer leurs liens avec leur terre dont ils font partie. Restaurer les liens des humains avec leurs écosystèmes, voilà l’enjeu de ces initiatives.

Source : Brian Roewe / NCR

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