Au Pérou, la misère pour les cités d’or

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TombopataAu Pérou aussi, c’est la crise et pas simplement financière. Dans la région de Madre de Dios, c’est le scandale des inégalités liées aux exploitations minières qui le manifeste cruellement. Faut-il rappeler que le Pérou est encore le sixième producteur mondial d’or, avec près de 164 tonnes de ce métal précieux produit l’année dernière, soit près de 6 % de la production mondiale… Une production qui repose essentiellement entre les mains de grandes compagnies étrangères, américaines (Newmonr Mining Corporation, qui a notamment la plus grande mine d’or d’Amérique du Sud, dans la région péruvienne de Gajamarca) ou canadiennes (Barrick Gold)

Sur place, des prêtres se mobilisent pour soutenir les mineurs souvent malmenés par les pratiques de ces industries. Ainsi, le P. Xavier Maria Arbed de Morsier, d’origine suisse, présent sur place depuis 1975, a fondé Apronia, une association de défense des mineurs pour dénoncer les pratiques injustes des géants miniers étrangers contre les habitants et ouvriers locaux. Si l’extraction d’or peut assurer pour certains un bon revenu, c’est toujours au détriment de l’environnement et de la vie sociale de Puerto Maldonado. La réserve de biodiversité de Tombopata est déjà menacée et la plupart des 15 000 mille ouvriers vivent dans des conditions indignes. Crimes et prostitutions se développent sur ce terreau., entrainant notamment les problèmes de maternités précoces, d’abandons d’enfants…

« Au lieu des arbres, il y a un désert. Au lieu de la rivière, il y a une eau empoisonnée par le mercure et le fuel. Au lieu d’une communauté, il y a  brutalisation d’une société », raconte un journaliste envoyé par les missionnaires Consolata sur place. Pourtant des alternatives seraient possibles sur place. Cesar Ascorra, responsable de Caritas à Madre de Dios, explique que des méthodes alternatives d’extraction existent tout comme pour la commercialisation des matières extraites. Ce « bon or » contrerait évidemment la férocité des groupes miniers et favoriserait la protection de l’environnement. Les 32 communautés indigènes isolées, vivant dans ce secteur, cesseraient aussi d’être menacées dans leur culture et leur survie.

L’Institut de défense du peuple du Pérou, une ONG  locale, a déjà décompté 243 conflits sociaux pour le seul mois d’avril 2012, dont 60 % ont une dimension socio-environnementale. Dans l’actualité récente, le projet d’ouverture d’une mine d’or et de cuivre dans la région de Cajamarca et celui du géant minier Xstrata dans la région de Cuzco a attiré l’attention. Notamment du fait d’affrontements violents avec les policiers, entraînant deux morts. Les évêques péruviens se sont proposés à différentes reprises comme intermédiaire pour désarmorcer ces conflits et permettre une médiation qui assure dans l’avenir la mise en place de pratiques respectueuses des populations locales… A suivre assurément…

Sources : Luca Rolandi/ Vatican Insider /  ccfd-terresolidaire.org

 

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