Des évêques en colère, en Amazonie

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« Nous vivons aujourd’hui dans une dictature économique ! » Le propos a le mérite d’être clair. Il l’est d’autant plus qu’il est tenu par un évêque, Mgr Leonardo Ulrich, secrétaire général de la Conférence nationale des évêques du Brésil. Un propos parmi d’autres tenus au cours d’une réunion de l’Eglise en Amazonie qui s’est tenue à Santarém (Brésil) du 2 au 6 juillet. C’était la dizième du genre et l’occasion de faire le point sur un document élaboré par les évêques de la région il y a quatre décennies, à l’époque d’une autre dictature, militaire celle-là, au Brésil. L’exploitation de l’Amazonie, toujours encore considéré par le gouvernement comme un capital privé dont la gestion lui revient exclusivement, est une source permanente de préoccupation pour ces pasteurs qui en voient au quotidien les conséquences sociales et environnementales. «Beaucoup d’eau a coulé dans les milliers de rivières et ruisseaux de l’Amazone au cours de ces 40 années. Et pourtant, de grandes similarités existent entre ces deux périodes, toutes deux marquées par le développement et les miracles économiques accélérés», a déclaré Egon Heck, représentant du Conseil missionnaire autochtone (CIMI). L’évêque émerité de Porto Velho, Moacyr Grecchi, de surenchérir : » Nous ne sommes ni une colonie ni une banlieue du Brésil ! », dénonçant la politique néocolonialiste menée dans le bassin amazonien. Mgr  Jesus Maria Bedonces confirme cette impression de colonisation, les gens venant se servir pour s’enrichir puis partir ailleurs. « C’est le modèle capitaliste dessiné par le gouvernement pour l’Amazonie et qui ne prend pas en compte les personnes qui vivent ici. Pour eux, ces gens ne sont qu’un détail qui retarde le développement en cours. » Du coup, l’exode est un phénomène important, poussant les gens à s’agglutiner aux périphéries des grandes villes. ALors que la population de l’Amazonie a plus que doublée en 40 ans (aujourd’hui, 25 millions d’habitants), près de 72 % des personnes qui y vivaient, dans des villages le long des fleuves, sont désormais exilés dans les grandes villes…

Le document de Santarém, édité en 1972, véritable « carte d’identité de l’Eglise en Amazonie » donnait 4 priorités pour son action : s’incarner dans les réalités de la région Amazone ; former des communautés de base ; développer une pastorale spécifique auprès des populations indigènes et assurer une présence dans les frontières des pionniers dans l’Amazonie. Les évêques des régions du Nord de l’Amazonie, particulièrement préoccupés par le sort des populations indigènes, ont rappelé qu’il y a encore environ 70 groupes indigènes qui vivent dans un isolement volontaire et qui risquent vraiment l’extinction pure et simple. Les conditions sanitaires des autres groupes indigènes sont aussi déplorables. A Jahair Valley par exemple, 87 % de la population est atteinte d’hépatite.

Source : ALC

 

 

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