A quand Seralini au synode ?

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On n’a pas encore bien compris ce qu’il est venu faire là, mais toujours est-il que Mr Werner Arber, président de l’Académie pontificale des sciences (et protestant de surcroît), est intervenu vendredi 13 octobre devant le synode des évêques à Rome. Le microbiologiste, prix Nobel 1978, en a profité en tout cas pour faire une belle opération de communication qui n’a pas grand chose à voire avec la nouvelle évangélisation, si ce n’est de rappeler que le discours scientifique a sa place dans de monde du savoir. Bigre, quelle audace !

Mais tous les coups sont bons pour mettre les OGM en avant, puisque c’est bien de cela dont il s’agit ici, pour ce scientifique qui n’a pas froid aux yeux quand il évoque par exemple le rapport de Jésus au savoir scientifique et la lecture concordiste du livre de la Genèse pour évoquer les connaissances en génétique des auteurs bibliques… Le rapport de 2009 que l’auteur évoque avait été publié par l’Académie, mais le Vatican avait précisé que ses conclusions n’engageaient que l’Académie. Une position qui visiblement n’a pas suffi à Mr Arber…

Voici des extraits de son intervention.

« Aujourd’hui la société a un devoir important qui est de mettre à jour les règles établies en tenant compte des nouvelles acquisitions du savoir scientifique. Je présume, dans ce contexte, que si Jésus Christ vivait aujourd’hui parmi nous, il serait favorable à l’application d’un solide savoir scientifique pour le bien à long-terme des hommes et de leur environnement naturel, au moins tant que ces applications continuent à respecter les lois importantes et pertinentes de la nature. Permettez-moi d’illustrer brièvement ce postulat en donnant un exemple : grâce aux récents progrès dans le domaine de la génomique, de la protéomique et de la métabolomique il est devenu possible d’orienter l’évolution biologique pour mieux s’acheminer vers une alimentation saine, et c’est une contribution aux importants progrès médicaux. L’Académie Pontificale des Sciences a dédié une semaine d’études en mai 2009 à ce thème, avec une attention particulière aux plantes transgéniques pour la sécurité alimentaire dans le cadre du développement. Notre Académie a conclu que les méthodes récemment adoptées dans la préparation des organismes transgéniques suivent les lois naturelles de l’évolution biologique et ne comportent aucun risque lié à la méthodologie de l’ingénierie génétique. Ces méthodes comportent en fait des changements de séquences locales, un réarrangement des segments d’information génétique disponible dans l’organisme en question, et/ou le transfert horizontal d’un segment relativement bref d’information génétique d’un organisme à une autre espèce d’organisme. Comme nous l’avons souligné ci-dessus, voici les trois stratégies naturelles pour la génération spontanée des variantes génétiques de l’évolution biologique. Les perspectives bénéfiques pour améliorer la récolte des plantes alimentaires les plus fréquemment utilisées, pourrait diminuer les problèmes de dénutrition et de faim qui existent encore dans les populations des pays en voie de développement.

La compatibilité entre connaissance scientifique et foi religieuse

Pendant de longues périodes, des hommes curieux ont acquis la connaissance scientifique surtout en observant avec leurs sens et aidés par la réflexion mentale et le raisonnement logique. Le chapitre de la Genèse dans l’Ancien Testament représente, à mon avis, un témoignage d’une antique vision scientifique du monde qui existait déjà il y a des milliers d’années. Ce chapitre reflète aussi une grande correspondance entre la foi religieuse et les connaissances scientifiques disponibles à l’époque. Il propose une séquence logique d’événements dans lesquels la création de notre planète Terre pourrait avoir été suivie par la constitution des conditions pour la vie. Les plantes sont ensuite arrivées, ce qui a fourni dans un deuxième temps de la nourriture pour les animaux, avant que ne soient finalement introduits les êtres humains. Laissant de côté la question de la Révélation, il s’agit clairement d’ un récit logique sur une origine possible de l’évolution des choses selon des événements imaginés qui menaient à la nature telle que l’observaient les populations antiques. D’après la généalogie décrite dans l’Ancien Testament, je peux aussi conclure que les auteurs étaient conscients des variantes phénotypiques (c.à.d. génétiques). Les personnes décrites avaient leurs caractéristiques personnelles, elles ne représentaient donc pas des clones d’Adam et Ève. Dans ces récits, nous pouvons constater une bonne cohérence entre la foi religieuse des origines et la connaissance scientifique des développements selon l’évolution. Il est aujourd’hui de notre devoir de conserver (et de rétablir si nécessaire) cette cohérence sur la base de la plus grande connaissance scientifique de notre époque. À mon avis, la connaissance scientifique et la foi sont et doivent rester des éléments complémentaires de notre savoir d’orientation. »

 

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Christine L dit :

    tout simplement désolant…

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