Au feu, la terre

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raptureDans la série « nous vivons une époque formidable », une petite citation récente du pasteur évangélique Mark Driscoll, qui officie à Seattle.

« Je sais qui a fait l’environnement et Il revient pour tout détruire. Du coup, oui, j’assume de rouler dans un gros 4×4 »

Un humour étrange alors que les climatologues viennent d’annoncer que nous avons dépassé la barre des 400 ppm pour la teneur de CO2 atmosphérique (bien au-delà de la limite raisonnable des 350). Une mauvaise nouvelle que le groupe 350.org dénonce dans un film récent intitulé : “Do the Math” et que d’autres traduisent en estimant que le nombre de morts liés au réchauffement climatique va augmenter de 20 % d’ici 2020 et bien plus au-delà.

Mais, nous l’avons déjà évoqué dans une note récente, les milieux évangéliques américains sont traversés, plus que d’autres, par des analyses radicales du type du pasteur Driscoll, notamment du fait de leur lecture fondamentaliste de la Bible. 2/3 d’entre eux voient ainsi dans les catastrophes naturelles récentes un signe de la fin des temps bibliques et seule la moitié voient une influence des dérèglements climatiques sur ces catastrophes.

Le pasteur évangélique Richard Cizik est lui très engagé dans la mobilisation des évangéliques sur les questions climatiques. Il se souvient de cet étudiant texan qui l’a interpellé en lui disant : « Prendre soin de la Création n’est pas important puisque Jésus revient ! » A quoi le pasteur répondit : « Pouvez vous polluer l’eau, l’air, la terre de votre voisin et continuer de dire que vous aimez Dieu ? »

Mais la citation de 2 Pi 3,10-13 fait toujours son effet dans la tête des plus radicaux :

Pourtant, le jour du Seigneur viendra comme un voleur. Alors les cieux disparaîtront avec fracas, les éléments en feu seront détruits, la terre, avec tout ce qu’on y a fait, sera brûlée. 11 Ainsi, puisque tout cela est en voie de destruction, vous voyez quels hommes vous devez être, quelle sainteté de vie, quel respect de Dieu vous devez avoir, 12 vous qui attendez avec tant d’impatience la venue du jour de Dieu (ce jour où les cieux embrasés seront détruits, où les éléments en feu se désagrégeront). 13 Car ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice.

A quoi répond pourtant  le livre de l’Apocalypse en 11, 18 :

18 Les peuples s’étaient mis en colère,alors, ta colère est venueet le temps du jugement pour les morts,le temps de récompenser tes serviteurs,les prophètes, les saints,ceux qui craignent ton nom,les petits et les grands,le temps de détruire ceux qui détruisent la terre.

Un verset que le grand prédicateur évangélique Billy Graham lui-même reconnaissait mal connaître et comprendre..

Par ailleurs, il y a dans ces Eglises protestantes aussi une forme de scepticisme lié à une lecture particulière du Nouveau Testament telle que l’a faite le livre « Left Behind« , évoquant la théorie d’un « enlèvement » (rapture) au ciel des croyants avant que ce monde ne soit livré à la bataille ultime de l’Armageddon. Une théorie fumeuse qui pourtant a beaucoup marqué les milieux conservateurs, jusqu’à la Maison Blanche. Il y a donc tout un travail herméneutique à faire dans ces communautés pour que leur lecture de la Bible ne s’accompagne pas d’un pessimisme mondain qui entrainerait une apathie sociale ou environnementale.

Les choses bougent dans ce sens. Ainsi, du côté du Séminaire théologique de Dallas, cet appel à prendre soin de la Création est désormais validé comme il l’est au sein de l’Institution biblique de Los Angeles (BIOLA).

DL

Source : Article R. Cizik

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. CHENEBEAU MICHEL dit :

    (Rectificatif du message précédent mal enregistré)
    Il n’est pas très charitable de dire : Après nous le déluge.
    Comment finira notre planète nul ne le sait ?
    Comme croyant nous serons semble t-il jugés sur nos actions, et de ce fait nous devons respecter la création, et cette terre offerte à tous.
    Michel

  2. pepscafe dit :

    La question essentielle n’est pas tant de savoir « quand » le Seigneur Jésus revient, mais plutôt « comment l’attendons-nous ? », sachant qu’Il revient « bientôt », soit « promptement », « subitement », à un moment où l’on ne s’y attendra pas. D’où l’importance de « veiller » et de travailler pour Lui, dans la perspective de le voir face à face.

    L’attitude(ce que l’on appelle la mentalité « marathanienne » ou « court-termiste ») de l’étudiant que vous citez(« Prendre soin de la Création n’est pas important puisque Jésus revient ! »)est de fait contradictoire avec cet esprit d’attente, notamment bien résumée dans la réponse du pasteur : « Pouvez vous polluer l’eau, l’air, la terre de votre voisin et continuer de dire que vous aimez Dieu ? »
    Il y a donc effectivement « tout un travail herméneutique à faire pour que nos lectures de la Bible ne s’accompagnent pas d’un pessimisme mondain qui entrainerait une apathie sociale ou environnementale ».

    Cette lecture active, c’est la mentalité « marathonienne », de course de fond, qui parle, non d’activisme, mais d’engagement de longue durée, dans la perspective du retour du Seigneur.

    Bonne suite pour votre blogue !

    Fraternellement,

    « Pep »s

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