Bonne année, de préférence sans OGM…

le

A l’occasion de l’ouverture de l’année liturgique orthodoxe, le patriarche Bartholomée 1er de Constantinople publie chaque année une encyclique en lien avec le mois de prière pour la Création, dont il a été l’un des organisateurs. Des textes importants à suivre puisqu’ils témoignent des prises de conscience en cours et des appels à avancer encore face aux défis écologiques actuels.

bartholomeo Sept 2013

Cette année, sans en prononcer le mot (ah, la prudence ecclésiastique…), le « patriarche vert » met en garde contre les OGM et autres mutations génétiques crées de toutes pièces par des scientifiques en quête de profits, altérant le vivant, sans en maitriser les conséquences à long terme ! Une prise de position forte qui mérite d’être connue !!

Voici la traduction du texte de l’année 2013-2014

Chers frères et soeurs bien aimés dans le Seigneur

Nous voici au 1er septembre, le début de l’année liturgique. Une date que le Patriarcat oecuménique et donc aussi toute l’Eglise orthodoxe désignent comme un jour de prière pour l’environnement naturel. Suite à cette initiative, l’intérêt pour la protection de l’environnement naturel s’est étendu plus largement et de nombreuses mesures ont été prises pour la durabilité et l’équilibre des écosystèmes de la terre et les problèmes qui leurs sont reliés.

Puisqu’il est bien connu et montré que les « lois de la nature ne sont  ni dissoutes ni perturbées, mais restent toujours constantes » (St Jean Chrysostome, Sur Lazare, VI, PG 48, 1042), nous sommes obligés aujourd’hui de porter notre attention sur des interventions humaines peu visibles qui perturbent l’équilibre écologique, non seulement par des actions destructrices évidentes (telles que la déforestation, l’épuisement des ressources en eau potable, l’exploitation des ressources énergétiques ou naturelles, ou les pollutions d’immenses régions de terres ou marines via des matériaux toxiques ou chimiques) mais aussi par des activités invisibles au regard. Nous parlons ici des interventions dans les gènes des créatures vivantes et la création de mutations dont les développements sont incontrôlables, comme le furent les découvertes liées aux puissances atomiques et nucléaires, et dont la mauvaise utilisation pourrait éliminer toute trace de vie et de civilisation sur la planète. Dans ces cas, la cupidité et l’amour du pouvoir ne peuvent pas être les seuls critères de la part de ceux qui cherchent à intervenir et à muter ces créatures vivantes, que Dieu pourtant a désignés comme « très bonnes ». L’arrogance de certains semble même s’opposer à la Sagesse de Dieu, se considérant eux mêmes comme étant capables d’améliorer Son oeuvre. Les Grecs anciens appelaient cette condition spirituelle l’ « hubris », désignant l’arrogante insolence de certaines personnes aux esprits étroits devant le Créateur omniscient et tout puissant.

Bien sûr, nous ne sommes pas opposés à la recherche scientifique, aussi longtemps qu’elle procure des services bénéfiques à l’humanité et à l’environnement. Ainsi, l’usage des déterminations scientifiques, par exemple, pour guérir des pathologies est bien sur acceptable. Mais l’exploitation commerciale forcée des ressources via des technologies chimiques et biologiques actuelles, supposées à l’avance comme étant non dommageables à l’humanité, doit être dénoncée, parce qu’elle a régulièrement menée à des conséquences tragiques pour l’humanité et l’environnement.

La science a le droit de mener une recherche constante, de manière à progresser dans l’explication des lois et des ordres naturels. Le commandement de Dieu à sa première créature qui est celui de « soumettre la terre » (Gn 1,9) accorde le droit à la recherche et à la connaissance des mécanismes naturels et biologiques actifs dans la nature de manière à faire de l’environnement naturel une entité céleste. Mais la condition pour cela est que cette quête et l’usage de cette connaissance ne servent pas uniquement au profit ou deviennent un effort arrogant menant à la construction d’une nouvelle « tour de Babel ». Une « construction » dans laquelle les créatures de Dieu cherchent à atteindre, et pour certains même à dépasser, le Créateur lui-même. Malheureusement, les êtres humains oublient parfois le fait que la « Source de beauté a créé toute chose » (Sagesse 13,3) et que « la main du Seigneur a établi la terre, et sa main droit a fondé les cieux. » (Is 48,13).

Il est donc de notre obligation, en tant que bergers de l’Eglise, en tant que personnes spirituelles ou scientifiques ou tout simplement en tant que chrétiens fidèles, de faire le bien et spécialement de prier que le divin Créateur de tout puisse éclairer les scientifiques, qui sont particulièrement engagés dans ces questions. Pour qu’ils puissent entrer dans les mystères de la nature avec humilité devant Dieu et avec respect devant les lois de la natures, de manière à éviter l’usage non-naturel de leur recherches pour des raisons commerciales ou autres. Une longue expérience est nécessaire pour de déterminer si les répercussions bénéfiques supposées des applications de ces nouvelles connaissances n’auront pas aussi des effets secondaires parallèles qui seraient destructrices pour l’environnement et l’humanité.

A la Création du monde, la voix du Seigneur et son commandement premier que « la nature puisse avoir ses propres lois qui durent encore dans notre monde de manière à pouvoir générer et porter des fruits pour tous les temps » (Basile le Grand, Sur l’Hexaemeron IX, PG 29.96) garantissent la durabilité de notre terre. Ainsi, la terre va continuer de générer et de porter son fruit si nous adhérons à son ordre naturel et si les habitants vivent de manière à s’accorder aux commandements et aux lois de Dieu, leur obéissant et les pratiquant. Alors, Lui seul « fera pleuvoir durant leurs saisons, et la terre produira son fruit, et les arbres des champs porteront leur fruit. Et nous mangerons notre pain et nous vivrons en sécurité sur notre terre. Et Il accordera la paix. » (Lv 26, 4-5)

Ainsi, à l’occasion de ce jour si important du commencement de l’année, nous prions avec Josué, avec Syméon l’angélique, avec les sept enfants d’Ephese et le saint psalmiste David, pour que le Seigneur envoie son Esprit et renouvelle la face de la terre (Ps 103,20) pour que soient bénies les œuvres de Ses mains et pour que nous soit accordé la grâce de compléter paisiblement le temps qui est devant nous. Et nous invoquons sur tous ceux qui travaillent dans la recherche scientifique sur les pouvoirs de la nature, l’illumination, la grâce et la bénédiction du Saint Esprit. AMEN

1er septembre 2013.

Traduction DL

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s