Thou Shale not Frack

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frackDécidément, la rentrée dans le monde de l’écologie chrétienne anglophone, est bien occupée par la question des gaz de schistes. On l’a vu, aux Etats-Unis, monastères et universités sont interpellés quant à l’usage qu’ils font de leurs propriétés terriennes.

En Angleterre, l’Eglise anglicane, après avoir reconnu, il y a quelques mois, qu’elle regrettait des investissements financiers importants -plusieurs millions de livres anglaises- réalisés au sein de la société Wonga (une société qui impose des taux de prêts particulièrement élevés pour les plus pauvres), voici que ces mêmes responsables sont confrontés aux enjeux des gaz de schistes.

Il faut dire que le particularisme anglo-saxon mène parfois à d’étranges problématiques. En effet, des lois remontant aux conquêtes des Normands (!), donnent aux Eglises les droits miniers des terrains privés qu’elle possèdent. Et voici que l’administration gouvernementale vient d’écrire à tous les propriétaires terriens pour enregistrer leurs droits miniers, selon une loi récente qui a fixé une date limite pour cela. Devant les soupçons que cette loi soulève alors que le gouvernement anglais est particulièrement intéressé par l’exploitation des gaz de schiste, les représentants de l’Eglise d’Angleterre ont cru bon de déclarer que, selon eux, le « programme d’enregistrement minier » n’est pas une manière habile de préparer des opérations futures de fracturation hydraulique.

Et de rappeler : « l’Eglise d’Angleterre n’a pas de position officielle pour ou contre la fracturation hydraulique. » Mais, il y a quelques jours à peine, ces mêmes représentants ont critiqué les opposants à la fracturation hydraulique, leurs reprochant d’empêcher ainsi le pays d’aider les plus pauvres, alors que le coût de l’énergie ne cesse de croître. Certains opposants aux gaz de schiste craignent que ces manœuvres cachent le désir de tirer de profitables bénéfices de l’extraction des gaz de schiste sur les terres des communautés anglicanes.

Un éditorialiste anglais s’énervait récemment contre l’apathie et les paradoxes des évêques anglicans. Il rappelait fort à propos que 26 d’entre eux siègent dans les chambres législatives. Et que le primat de Canterbury, Justin Welby, a travaillé durant 11 ans dans l’industrie pétrolière. Cette Eglise a donc une expertise et un champ d’action possible, alors qu’elle préfère pour l’heure louvoyer.

 

Deux mille personnes se sont ainsi rassemblés il y a quelques jours dans le village de Balcombe, dans le West Sussex, pour manifester contre l’exploitation des gaz de schistes. D’autres responsables chrétiens du diocèse de Blackburn ont fait circulé un texte rappelant que cette technologie peut menacer « la création glorieuse divine. » De nombreux opposants des Eglises et d’autres confessions religieuses, appellent à diminuer l’empreinte écologique. Et de ce fait, invitent à s’opposer à des activités qui menacent l’environnement et la biodiversité.  En 2004, faut-il le rappeler, l’Eglise d’Angleterre écrivait dans un document qu’elle s’engageait à investir dans des compagnies qui sont « conscientes de leur responsabilité à l’égard de leurs performances environnementales. »DL

Source : Article de Trevor Grundy, Religion News Service  |  Aug. 21, 2013 Eco Catholic, Canterbury, England

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