Des jardins pour (re)devenir co-créateurs

Fred Bahnson est un fermier. Mais un fermier d’un nouveau genre.
Membre de l’équipe des Pacifistes chrétiens dans le Chiapas en 2001, il réalisa, en lisant le livre du prophète Isaïe à Soiland-Sac-cover_final-666x1024San Cristobal de las Casas, qu’il y avait là un appel pour lui. Le livre qu’il vient de publier, Soil and Sacrement, un traité spirituel sur le lien entre alimentation et foi (Simon & Schuster, 2013) témoigne de son parcours.
A 40 ans, celui qui dirige maintenant le programme Food, Faith and Religious Leadership Initiative, à l’Université de Wake Forest à Winston Salem (Caroline du Nord) raconte :
« Faire pousser des aliments comestibles et les partager avec d’autres dans un jardin est comme entrer dans une terre sainte. »
C’est ainsi qu’il cofonda le projet issu d’une église méthodiste américaine (Caroline du Nord), celui du Jardin communautaire Anathoth.

Son livre en rend compte tout en partageant les découvertes faites en visitant 4 autres jardins inspirés par la foi :

  • le jardin de Mepkin abbey (Caroline du Sud), où les moines trappistes font pousser des champignons.
  • le « Lord’s Acre », un projet aux racines chrétiennes, près d’Asheville (Caroline du NOrd)
  • Tierra Nueva, un projet pentecôtiste, à Burlington (Etat de Washington), tourné vers les populations immigrées et les jeunes en difficulté sociale (gangs, addictions…).
  • La Ferme Adamah, un projet issu du centre de retraite juif Isabelle Freedman, à Falls Village, dans le Connecticut.
Dans tous ces projets, Bahnson retrouve des intuitions communes.
 » Je pense que nous avons tous l’urgence de nous reconnecter à la terre et l’alimentation est une des manières les plus simples pour le faire. Dans les villes, il y a désormais un grand intérêt pour les jardins communautaires et les formes d’agricultures soutenues par des communautés (CSA), des partenariats avec des fermes rurales, des communautés croyantes qui démarrent différents projets alimentaires… (…)
Lorsque j’entends le mot de « durable » (sustainability), cela me semble être un mot en l’air. Il ne signifie rien pour moi. Il donne juste l’impression fausse que si nous remplaçons notre usage énergétique par des sources solaires ou éoliennes etc.? nous pourrons continuer de consommer de la même manière, alors que tous les signaux indiquent que nous devons réduire sur une large échelle pour utiliser moins d’énergie.
Je préfère parler de régénération, particulièrement dans la même manière que nous cultivons notre nourriture. L’agriculture régénérative est une agriculture qui construit les sols plutôt que de les épuiser, ou même simplement maintient leur équilibre. (…) Cela prend 500 ans dans la nature pour produire 3 cm de sol cultivable mais avec des pratiques de jardinage bio-intensives (préparation deep-bed, céréales de recouvrement, compostage…), vous pouvez y arriver en huit ans ! C’est radical !
Je ne veux pas dire que nous améliorons la nature, mais l’agriculture régénérative est une manière de devenir co-créateur avec Dieu. Nous participons au travail permanent de création de Dieu. Nous ne sommes pas juste en train de nous nourrir, nous prenons aussi soin, dans ce processus, de la Création.
La grande réponse face aux déconnexions créées par l’alimentation industrielle est de reconnecter avec les sources de notre nourriture, d’apprendre d’où elle vient, de participer à des projets produisant une part de notre nourriture. (…)
Notre programme, qui a démarré depuis un an et demi, consiste à former et équiper des responsables religieux de manière à créer davantage de systèmes alimentaires salutaires, de manière à ce que la paix (shalom) de Dieu devienne visible dans un monde qui a faim. Nous utilisons la nourriture comme une lentille grossissante pour parler de nombreux défis : santé, énergie, justice, agriculture durable. La nourriture est vraiment le carrefour où toutes ces choses s’interconnectent. (…)
J’organise par exemple un atelier de quatre jours, appelé « Champs, table, communion ». Nous rassemblons là un bibliste, un spécialiste de la cueillette sauvage, un expert en permaculture et j’y rajoute un cours sur « jardinage et théologie ». C’est un grand mixe de théologie et d’agriculture régénérative, de permaculture et de discussion sur le repas du Seigneur.

On peut retrouver l’ entretien en anglais de l’auteur ici.

DL

Source : Article de Teresa Malcolm; NCR

 

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