« ça craint » aussi pour les forêts sacrées

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prasitLes forêts sacrés sont des domaines intouchables pour les populations indigènes qui les vénèrent à travers le monde. Un article récent fait le point, face aux pressions issues des rachats de terres aujourd’hui.

Prasit Wangpakapattanawong, est un professeur rattaché à l’unité de recherche sur la restauration forestière à l’université thaie de Chiang Mai. Selon lui, de nombreux faits montrent que « beaucoup de gens, y compris les bûcherons, ont longtemps respecté, parfois par crainte de transgresser des croyances religieuses, les forêts sacrés traditionnelles. Ce qui a assuré, de fait, une protection pour la biodiversité de ces espaces à travers le monde. » C’est le cas en Asie, notamment en Inde qui compte de nombreuses forêts de ce type souvent peu répertoriées, où la culture bouddhiste appelait à un tel respect.

Mais, témoigne aussi le scientifique, au cours d’un congrès sur l’agroforestrie l’année dernière à Nairobi, l’appétit toujours grandissant pour les terres est désormais un vrai risque, même pour ces lieux sacrés. Ainsi par exemple en est-il de la forêt sacrée indienne Aravali, une aire de 500 hectares, que le gouvernement local a considéré être désormais une zone dédiée au « développement industriel » jusqu’à 2031. Idem au Kenya, où la forêt Mrima, sur la côte, est en danger du fait des activités minières pour l’extraction de terres rares telles que le niobium. Une zone pourtant protégée depuis 1961 du fait de sa biodiversité en arbre et en animaux.

Une étude chinoise récente montre pourtant que, même de petites tailles, ces zones sont importantes du fait de leur capacité à être des réservoirs en biodiversité. Cette étude souligne aussi qu’une telle forêt stocke entre 20 et 100 fois plus de carbone que des prairies. Au Kenya, la culture Masaï a posé des interdits très protecteurs des arbres : les coupes sont interdites tout simplement. Seules les branches peuvent être utilisées pour le feu et l’écorce pour la médecine, en petites doses. Du coup, la forêt Loita a su conserver précieusement sa canopée sur près de 33 000 hectares. Ainsi, ces zones, souvent montagneuses, sont aussi des zones de protection de la biodiversité et des ressources en eau. De quoi mobiliser notre attention envers ces précieuses forêts.

Désormais, le développement de l’agroforesterie peut aussi aider à réduire la pression sur les forêts naturelles. En Inde par exemple, un programme de formation dans 3 Etats (Uttarakhand, Uttar Pradesh et Haryana) veut permettre de développer les revenus issus de produits alternatifs issus de la forêt. Une démarche qui tend à se généraliser. En France, une association comme Forest and life travaille activement sur des démarches de ce type.

DL

Source : Article d’Isaiah Esipisu de la Thomson Reuters Foundation, Octobre 2013

 

 

 

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