CLIMAT – Quand les jésuites américains discernent

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Loyola Chicago 2015Les campagnes invitant les institutions publiques au « désinvestissement » financier au sein des 200 plus grandes multinationales de l’énergie se multiplient. Les jésuites américains, très actifs dans les campagnes de plaidoyer, cherchent aussi la bonne stratégie.

Un article récent du jésuite américain John Sealey, membre du Comité jésuite pour des investissements responsables (JCIR) rend compte des réflexions qui ont été mené au cours de la 2e Conférence annuelle sur le changement climatique qui s’est déroulée à l’université Loyola, à Chicago (USA), du 19 au 21 mars 2015. Il cite notamment une réflexion de Pierre Teilhard de Chardin :
Par dessus-tout, ayez confiance dans le lent travail de Dieu. Nous sommes naturellement impatients pour tout, de manière à atteindre la fin des choses, sans délais. Nous aimerions sauter les étapes intermédiaires. Nous sommes impatiens d’être sur le chemin de quelque chose d’inconnu, de neuf. Pourtant, c’est la loi de tout vrai progrès que de devoir passer par des étapes d’instabilité, et qui peuvent prendre des durées très longues. Et je pense qu’il en va ainsi de vous : vos idées murissent progressivement. Laissez les grandir, pour qu’elles s’organisent elles-mêmes, sans hate inutile. N’essayez pas de les forcer, comme si vous pouviez être aujourd’hui ce que le temps fera de vous demain. Dieu seul peut dire ce que sera cet esprit nouveau formé progressivement en vous. Donnez à Dieu le bénéfice de croire que sa main vous conduit et acceptez l’anxiété de vous sentir en suspens et incomplet. Amen
Une réflexion intéressante et provocante, alors que les urgences à agir sont de plus en plus nombreuses.
Les jésuites américains et canadiens, avec de nombreuses congrégations féminines, sont engagés sur des programmes d’investissements responsables depuis 1974, par le biais du JCIR. Ils ont ainsi participé, avec d’autres, à l’élaboration de normes de durabilité, de justice environnementale, de droits humains, et à la vision d’investissements par les actionnaires dans des actions à long terme. Ainsi, des dialogues ont été mené avec des représentants de grandes multinationales américaines sur ces sujets, dont Chevron, Monsanto, Occidental petroleum corporation etc.

Cette stratégie lente, reconnaît John Sealey, doit aussi accepter la prise de conscience en cours, face aux urgences climatiques.  Car « la destruction de l’environnement de la terre est le défi des droits humains de notre temps », avait déclaré en septembre 2014 le cardinal Desmond Tutu. Un signe de cette prise de conscience sont les 41 notices ur l’environnement que les provinces jésuites ont fait remonter, du monde entier, pour le chapitre général de 2007 (les questions de justice sociale avaient 42 notices). Le discernement doit donc se poursuivre. un document est en préparation en ce sens, pour aider les institutions jésuites à se situer et à agir. La tendance de fond de pousser les investisseurs financiers à préférer le développement des énergies renouvelables semble inéluctable, sans que cela empêche d’autres actions complémentaires.

DL

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