VIE MONASTIQUE – Carmélites paysannes

2017 ECOLOGIE CUT Lettre.pngLes amis des Chrétiens unis pour la terre poursuivent leur aventure. Leur dernière rencontre au Carmel de Mazille leur a notamment permis de renouveler leur lettre d’informations. Et aussi de récolter le témoignage des Carmélites agricoles du lieu.

Sr Julie et Sr Gabrièle, du Carmel de la Paix en Bourgogne.
Ce monastère a été transféré en 1970 de Chalon/Saône jusqu’en haut d’une colline sur la commune de Mazille (près de Cluny). C’est là que cette communauté de 29 moniales s’est lancée dans l’agriculture. Inspirées par Ste Thérèse d’Avila qui a réformé le Carmel au XVIe s. et a décrit l’âme comme un château aux 7 demeures, elles vivent les vœux monastiques d’obéissance, de chasteté et de pauvreté, au sens de simplicité essentielle. Une volonté d’amour, une recherche d’harmonie, le partage des biens et l’énergie consacrée au travail, tout cela est fondé sur la quête de Celui qui habite au centre de ces demeures intérieures. Elles ont trouvé l’équilibre entre prière et travail de leurs mains, elles ne produisent pas pour produire, leur but n’est pas non plus de faire du bio pour faire du bio (elles n’ont pas le label), elles ne commercialisent rien : sur 25 ha, avec leurs 6 vaches qui leur fournissent le lait, le beurre et le fromage, 40 brebis pour la viande (pour l’accueil), 2 grands potagers et des arbres fruitiers (carmel, en hébreu, veut dire verger !), elles sont dans l’autolimitation, juste le nécessaire pour vivre et accueillir leurs hôtes. À l’hôtellerie, pas de tarif fixé, chacun donne selon ses moyens. Leur vocation agricole est concrète, et ressentie encore aujourd’hui très fortement par les novices qui entrent au monastère, d’autant plus que la génération des 20-40 ans est plus sensible à la question de l’écologie. Un lien fort les unit à cette terre qu’elles travaillent et qui leur enseigne de l’intérieur la patience, les lentes
germinations, l’interdépendance. Toute la communauté, toutes générations confondues, de 25 à 90 ans, participe d’une manière ou d’une autre. Le temps des foins, par ex., est un temps fraternel très fort, dans la joie de la récolte. Laisser faire la nature, ne pas la dominer ou tout maîtriser, ce désir qui les habite est en écho profond avec l’Évangile de Jésus. Les premières années après leur transfert, leur changement d’activité avait suscité des interrogations dans l’Ordre du Carmel : peut-on concilier la vie de prière carmélitaine avec tant de travaux agricoles ? (et certes, le travail ne manque pas, même en hiver, avec les agnelages…) – tandis qu’aujourd’hui, leur choix suscite plutôt de l’intérêt, voire de l’émulation ! Agricultrices « en conscience », elles en reçoivent une grande dignité : celle d’être responsables de la meilleure relation possible aux autres, à la terre, et ainsi à la Création tout entière

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