PAPE FRANCOIS – De la répudiation à la culture du déchet

Lors de l’homélie de la messe de ce vendredi de la mi juin à la Maison Sainte-Marthe, le Pape François a évoqué l’exploitation des femmes d’aujourd’hui, utilisées comme des objets. Une évocation indirecte de cette culture du « déchet » qui va clairement à l’encontre du projet du Dieu créateur

Au cours de cette homélie, le pape a invité à prier «pour les femmes jetées, pour les femmes utilisées, pour les filles qui doivent vendre leur propre dignité pour avoir un poste de travail», à partir de sa méditation de l’Evangile du jour où Jésus évoque la répudiation des femmes. François a rappelé que les femmes sont

«ce qui manque à tous les hommes pour être image et ressemblance de Dieu (…) Et la doctrine de Jésus sur la femme change l’histoire. Un chose est la femme avant Jésus, une autre chose est la femme après Jésus. Jésus rend la femme digne et la met au même niveau que l’homme, parce qu’il prend cette première parole du Créateur, tous les deux sont “image et ressemblance de Dieu”, tous les deux ; non pas d’abord l’homme et ensuite un peu plus bas la femme, non, tous les deux. Et l’homme sans la femme à ses côtés, que ce soit comme maman, comme sœur, comme épouse, comme compagne de travail, comme amie-, cet homme seul n’est pas image de Dieu.»

En évoquant l’utilisation détournée du « désir » pour réduire les femmes à un objet, il fait le lien avec le « tout jetable » de nos sociétés.

«Dans les programmes télévisés, dans les revues, dans les journaux, on fait voir les femmes comme un objet du désir, jetable, comme dans un supermarché», a-t-il dénoncé.  La femme, peut-être pour vendre des tomates, devient un objet, «humiliée, sans vêtements», ce qui va à l’encontre de l’enseignement de Jésus, qui, au contraire, la «dignifie». Le Pape a ajouté qu’il ne fallait pas aller loin pour constater l’instrumentalisation des femmes : «Ici, là où nous habitons, dans les bureaux, dans les entreprises», les femmes sont souvent utilisées comme des «produits jetables» et ne sont même pas considérées comme des personnes à part entière.«Ceci est un péché contre Dieu le Créateur, rejeter la femme, parce que sans elle, nous les garçons, nous ne pouvons pas être image et ressemblance de Dieu. Il y a un acharnement contre la femme, un acharnement mauvais. Même sans le dire. Mais combien de fois des filles, pour avoir un poste de travail, doivent se vendre comme des objets jetables ?» Evoquant la triste réalité, même à Rome, de la prostitution, il cite ces femmes qui «esclaves de cette pensée du déchet».

«Tout ceci arrive ici, à Rome, et dans chaque ville. Les femmes anonymes, les femmes, nous pouvons dire, “sans regard”, parce que la honte recouvre le regard, les femmes qui ne savent pas rire et beaucoup d’entre elles ne connaissent pas la joie d’allaiter et de s’entendre dire “maman”. Mais aussi dans la vie quotidienne, sans aller à ces endroits, cette mauvaise pensée de rejeter la femme, comme un objet de “seconde classe”. Nous devrions mieux réfléchir. Et en faisant cela ou en disant cela, en entrant dans cette pensée nous méprisons l’image de Dieu, qui a fait l’homme et la femme ensemble à son image et ressemblance. Que ce passage de l’Évangile nous aide à penser au marché des femmes, à la traite, à l’exploitation que l’on voit, et aussi au marché que l’on ne voit pas, celui qui se fait et ne se voit pas. La femme est bafouée parce qu’elle est une femme.»

 

DL

Source : Giada Aquilino – Cité du Vatican

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