SYNODE – Jour 7 – Vent de colère en Amérique du sud

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Capture d’écran 2019-10-14 à 18.16.11La 9e congrégation générale a eu lieu ce lundi matin, après deux jours de travail en petits groupes. Le pape a prié notamment pour ce qui se passe actuellement en Equateur.

Car le synode sur l’Amazonie est aussi une manière d’inviter les médias (et nous tous) à nous remettre à l’écoute de ce qui se joue sur ce continent.

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Il faut évoquer par exemple les récentes manifestations en Équateur. Ainsi, le 8 octobre dernier, ce sont des manifestants indigènes qui sont arrivés dans la capitale et ont tenté de prendre d’assaut le siège du Parlement. Ce dimanche, un accord de sortie de crise a été trouvé, après douze jours de troubles. La contestation dénonçait les réformes économiques négociées avec le Fonds monétaire international (FMI) en échange d’un prêt de 4,2 milliards de dollars. Un tel prêt s’accompagne, en effet, d’importantes mesures d’austérité (contributions nouvelles sur les entreprises, réduction de 20 % des salaires des contrats temporaires du secteur public, diminution des vacances des fonctionnaires). Et aussi suppression des subventions sur le carburant en place depuis 40 ans via le décret 883 sur le carburant. Ce qui revenait à doubler le prix de l’essence. C’est notamment cette mesure qui a fait descendre les populations – agriculteurs, chauffeurs, étudiants etc. – dans la rue. Le décret a été  retiré depuis, comme l’a annoncé Arnaud Peral, représentant en Equateur de l’ONU, médiatrice du dialogue avec l’Eglise catholique. Cela suffira t-il, alors que de nombreuses personnes ont été arrêtées et que le chef d’Etat du pays dénonce une tentative de coup d’Etat de la part de son voisin venezuelien ?

De fait, actuellement, ce sont au moins cinq autres pays du continent qui connaissent des mobilisations importantes, dont le Venezuela n’est que la situation la plus criante.

Il faut dire que, selon la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), 17 millions de Latino-Américains ont rejoint le nombre vertigineux de personnes vivant dans l’extrême pauvreté. Cela équivaut à 63 millions de personnes touchées.  Pas étonnant donc que ces sociétés soient très sensibles à toute forme d’austérité ou d’inégalités sociales nouvelles.

Au Pérou, les manifestations ont démarré le 30 septembre après un imbroglio politique qui a mené à la dissolution du congrès et à la convocation de nouvelles élections législatives. Le pays est aussi en colère contre ce que révèle l’enquête Odebrecht, sur les pratiques de corruptions dans lesquels les anciens présidents du pays sont impliqués. En Bolivie, ce sont les incendies de forêts qui exaspèrent les populations qui dénoncent l’inaction du gouvernement. Mais aussi la manoeuvre en cours du président Morales, élu depuis 2006 et qui veut pouvoir se représenter pour un quatrième mandat. En Colombie, c’est aussi la corruption administrative qui est dénoncé par un mouvement étudiant. En Argentine, pays du pape François, c’est la crise économique qui mobilise. Car il y a désormais urgence alimentaire dans le pays, après une sévère dévaluation du peso et une augmentation de l’inflation.

C’est donc aussi dans ce cadre que le Synode travaille. Ces derniers jours, de nombreux thèmes ont encore été abordés. Ainsi, par exemple, a notion de droits environnementaux commence à émerger, des droits qui représentent la quatrième génération des droits de l’Homme. Pour l’Eglise, cette perspective doit désormais être plus clairement intégrée dans les propos et les pratiques.

« L’Eglise c’est la seule institution qui crie pour que les peuples de cette planète se réveillent. »

Capture d’écran 2019-10-14 à 17.29.58C’est José Gregorio Mirabal, ancien leader du peuple indigène Kurripaco du Venezuela, coordinateur général de la COICA, institution représentant une quarantaine de populations indigènes de la région panamazonienne, qui le rappelle avec insistance, au cours du point-presse de ce jour. Il appelle les autres institutions internationales à venir s’asseoir à la table de discussion pour protéger ces populations qui sont les premiers protagonistes d’un développement respectueux de la nature de cette région.

Il précise dans un entretien récent :

Le synode l’a compris, Greta (Thunberg) l’a compris, une petite fille l’a compris, le pape l’a compris. Nous voulons que l’Humanité comprenne une fois pour toutes que nous ne pouvons pas vivre sans oxygène, sans eau potable. Le confort du développement est bon, mais il est nocif, destructeur pour la vie. Nous ne voulons pas changer ce développement en un développement primitif. Non, non. Nous voulons une harmonie. Il n’y a pas d’harmonie en ce moment. Qu’il y ait de l’harmonie sur terre, c’est ce que demande le synode. Au-delà de ces portes, de l’Eglise, du discours religieux, le pape pose la question du salut du monde, de la planète. Et c’est là que nous entrons en scène. Nous nous sentons partie intégrante de ce processus de changement dont l’Humanité a besoin. Notre sagesse, notre expérience, est dans le synode.

E&E

 

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