SYNODE – Jour 15 – Cette inculturation qui dérange

Screenshot_2019-10-22 prière pape François ouverture du synode jardins du Vatican - Recherche GoogleCe synode aura été un révélateur sur beaucoup d’aspects. L’un d’entre eux est le mépris d’un certain nombre de milieux conservateurs envers les populations autochtones. Un signe parmi d’autres ? Le vol et la destruction, il y a quelques jours de trois statuettes.

Ces statuettes, ce sont celles qui ont été utilisées lors de la prière dans le jardin du Vatican et qui ont ensuite été portées en procession dans la barque qui symboliquement a emmené les participants du synode de la basilique Saint Pierre vers leur lieu de travail. Les statuettes de tradition amazonienne des deux femmes symbolisent une Visitation, comme le montrent le ventre arrondi et l’enfant présent en leur sein.

Non content de diffuser rumeurs et contre-vérités sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce temps de prière, certains défenseurs d’une foi catholique figée dans ses représentations sont allés plus loin : alors que ces statuettes étaient exposées à l’église Santa-Maria-in-Traspontina, elles ont été dérobées puis jetées dans le Tibre. Pour bien marquer le coup, l’affaire a aussi été filmée pour dénoncer le prétendu scandale d’une telle représentation du fait de leur caractère syncrétiste.

Bien sûr, ce qui est en jeu ici, outre le caractère imbécile de l’acte, c’est d’affirmer le caractère culturellement intangible de la foi catholique. Le méfait montre la difficulté pour ces milieux de reconnaître dans d’autres cultures des trésors de foi qui peuvent, eux aussi, accueillir le mystère chrétien. Le mépris ainsi affiché met ainsi aussi en lumière la proximité de ces milieux avec d’autres formes de violences commises à l’égard de ces peuples, par des formes de prédation économique souvent crânement légitimées par les milieux conservateurs catholiques, très libéraux sur le plan économique.

Le journal La Croix propose de relire à cette occasion un extrait de l’Essai sur le développement de la doctrine chrétienne, un ouvrage publié en 1878 et écrit par le récent canonisé cardinal John Henry Newman :

«L’utilisation des temples, et de ceux dédiés à des saints particuliers, et parfois décorés de branches d’arbres, d’encens, de lampes et de bougies ; les offrandes “ex voto” en cas de guérison de maladies ; l’eau bénite, maternelle ; les fêtes et les saisons liturgiques, l’utilisation des calendriers, les processions, les bénédictions sur les champs, les vêtements sacerdotaux, la tonsure, l’anneau utilisé dans le mariage, la liturgie tournée vers l’Orient, et à une date ultérieure aussi les images, peut-être même le chant religieux et le Kyrie Eleison : tous sont d’origine païenne et ont été sanctifiés par leur adoption dans l’Église.»

Tout est dit.
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E&E

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