ECOLOGIE – Une protestation pour la Création

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En cette semaine de prière pour l’unité, il est bon de rappeler que les communautés protestantes ne sont pas en reste dans les domaines écologiques. Elles sont même souvent en avance.

En novembre dernier, le synode régional de l’ouest de la France de l’Eglise protestante unie a voté à la quasi unanimité le texte suivant

 

Résolution votée par le synode sur « Ecologie : Quelle(s) conversion(s) ?

Le Synode régional de l’Eglise protestante unie de France en Région Ouest, réuni à Rennes du 9 au 11 novembre 2019,

Se réfère à la Déclaration de foi de l’Eglise protestante unie de France, et notamment à l’article suivant : « Dieu se soucie de toutes ses créatures. Il nous appelle avec d’autres artisans de justice et de paix à entendre les détresses et à combattre les fléaux de toutes sortes : inquiétudes existentielles, ruptures sociales, haine de l’autre, discriminations, persécutions, violences, surexploitation de la planète, refus de toute limite ».

Confesse sa foi en Dieu créateur et réaffirme que la création est un don que Dieu fait aux êtres vivants. Il reconnaît que les humains sont appelés à y vivre et à cohabiter avec les autres créatures de façon responsable.

Affirme que les crises écologiques (changements climatiques, menaces sur la biodiversité, surexploitation des ressources naturelles, …) révèlent une crise de civilisation dont les enjeux sont spirituels et éthiques. L’humain y a sa part de responsabilité, en particulier quand il oublie qu’il est un élément d’un ensemble cosmique qui le dépasse. Il est donc nécessaire d’engager une réelle conversion, tant individuelle que collective et sociétale. La morale écologique et les normes sociales ou réglementaires qui en découlent, comme les réponses technologiques, sont en effet insuffisantes pour surmonter ces crises. La course aux profits et l’hyper-consommation qui en découle, destructrices de la planète et génératrices d’injustices sociales, révèlent à la fois un besoin de reconnaissance et un vide intérieur que nous cherchons à combler par davantage de consommation.

Assure que la théologie protestante, à travers ses piliers fondamentaux et sa compréhension du salut, peut apporter des réponses spirituelles et permettre un dialogue fécond avec tous ceux que l’écologie concerne. Les croyants se souviennent que dans ces temps de bouleversements, le mot crise dans son acception grecque krisis, désigne aussi un moment de discernement et de choix : « Vois : je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur … Tu choisiras la vie pour que tu vives, toi et ta descendance » (Deutéronome 30,15.19).

Reconnaît la relation profonde entre écologie et spiritualité et fait siennes les 7 affirmations suivantes :

  • Dieu nourrit pour la création un projet de vie joyeuse, réconciliée et abondante, auquel l’humain fait aujourd’hui entrave. Loin d’être fidèle à sa vocation originelle, l’humain manifeste son caractère pécheur en épuisant la partie de création qu’il habite au lieu de la cultiver, et en la détruisant au lieu de la garder, et ce d’une manière inédite dans l’histoire. C’est pourquoi nous sommes appelés à nous convertir et à retisser les liens des relations rompues avec la nature, avec notre prochain et avec le Créateur. L’amour de Dieu, toujours renouvelé pour sa création, s’est manifesté en son Fils Jésus-Christ pour libérer toutes les créatures asservies par le péché, qu’elles en soient responsables ou qu’elles le subissent.

 

  • Le sabbat nous rappelle que des limites sont essentielles pour permettre à l’humain et à la création de respirer. Le septième jour, Dieu a cessé son ouvrage et s’est reposé. Il nous apprend à arrêter nos activités de production et de consommation. Le sabbat n’est pas dissociable de la création, et l’accomplissement de l’œuvre de Dieu se manifeste donc dans, et par le repos. Mais le sabbat est aussi une promesse de liberté, une invitation à la contemplation, un accueil du silence et l’assurance qu’en présence de Dieu, chaque créature, humaine ou non, est digne, même lorsqu’elle ne produit rien.

 

  • Nous ne sommes pas seuls : Dieu est à l’œuvre avec l’humain face aux crises écologiques. Parce que Dieu a créé l’humain à son image, et qu’il a décidé d’en faire un être de relation, Dieu souffre des violences commises par les humains entre eux et sur la création. Pourtant, Dieu renouvelle son alliance avec toutes les créatures. Vivre avec Dieu signifie insister à la fois sur la responsabilité des humains et sur la grâce de Dieu qui lui fait don de sa création.

 

  • Protéger la biodiversité est la vocation de l’humain à qui il revient de prendre soin de la nature, des animaux et des plantes qui l’habitent. Dieu crée l’humain qui ne peut vivre seul. En nommant chaque créature (Genèse 2), l’humain entre en relation avec elles. En sauvant chaque espèce du déluge, Dieu en signifie leur valeur en soi. La biodiversité s’inscrit dès les origines dans le projet de Dieu (Psaume 104). La destruction des espèces s’aggrave et va de pair avec l’urgence climatique. Il en va des conditions de vie du vivant dont l’humain fait partie.

 

  • Notre réponse aux crises écologiques doit intégrer le souci constant pour la justice. Les crises écologiques reflètent et amplifient les inégalités sociales. Les humains les plus défavorisés, dont l’empreinte écologique est la plus faible, subissent de plein fouet les effets des dérèglements climatiques, des dégradations de la nature, et les conséquences négatives du développement économique des sociétés les plus riches. Les crises écologiques révèlent également une profonde injustice générationnelle, les jeunes vivant sous le poids de la dette écologique, les plus anciens se sentant souvent culpabilisés vis-à-vis des générations suivantes. Aucune réponse ne peut être apportée aux défis écologiques sans la solidarité. Toute tentative d’enrayer ces crises ne peut s’envisager sans la recherche de nouveaux modes relationnels et intergénérationnels et sans l’exigence de l’attention au prochain, ainsi qu’au respect de sa dignité.

 

  • Pour vivre intensément, vivons avec joie à basse consommation. Le bonheur n’est pas dans la course à l’avoir, la sobriété n’est pas la morosité ! L’Eglise est invitée à le proclamer et à être un lieu de cet apprentissage. Partage d’expériences, lecture communautaire de la Bible, mais aussi parole publique, peuvent témoigner que par la confiance et l’espérance, un autre mode de vie est possible

 

  • Vivons l’Espérance pour surmonter nos peurs. L’Eglise reçoit et prend en compte les peurs qui se développent en son sein et dans la société. Elle doit accompagner ceux qui se lancent dans une démarche de conversion écologique et prêcher à tous, avec courage, l’espérance que donne la certitude de l’amour de Dieu pour toutes les créatures.

Fort de ces convictions, le Synode régional exhorte notre Eglise à se convertir pour devenir dans le champ de l’écologie :

Une Eglise exemplaire : c’est une Eglise responsable qui avance résolument vers la cohérence entre sa parole et ses actes. La prise en compte de l’urgence écologique suppose que se développe chez les membres de nos communautés et les communautés elles-mêmes une éthique visant à réduire leur empreinte écologique. C’est cette cohérence qui légitimera l’interpellation des pouvoirs publics.

Une Eglise solidaire : C’est une Eglise qui, fidèle à sa tradition, aide et éduque. Dans le monde tel qu’il est, elle offre un nouveau souffle à tous ceux qui souffrent. Elle accompagne les ruptures, les déchirements, les peurs en redonnant confiance, en proclamant une parole de vérité. Elle écoute l’inquiétude des jeunes quant à leur avenir et construit avec eux des actions écologiques. Innovante et audacieuse, elle mène le combat de la dignité de l’être humain et de la sauvegarde de la planète. Elle le fait savoir et elle témoigne publiquement de l’espérance d’un monde réconcilié.

Une Eglise missionnaire : C’est une Eglise qui porte la Bonne Nouvelle à tous ceux que les crises écologiques interrogent. Elle a conscience d’un temps de peurs mais aussi d’un nouvel élan pour des choix de vie plus sobres. Les Eglises sont des lieux d’écoute et de partage privilégiés. Les Eglises sont des lieux de spiritualité où notre foi peut se régénérer, où la lecture de la Bible peut être renouvelée, où la prière est agissante. Nous pouvons y témoigner de l’amour de Dieu pour tous les humains et pour toute la création. Etre porteur de joie et d’espérance, c’est contagieux !

Une Eglise partenaire : La crise écologique, systémique et universelle, pousse toutes les composantes de la société à rechercher dans leur propre culture les ressorts pour y faire face. C’est ce qui favorise le dialogue œcuménique, interreligieux et interconvictionnel ainsi qu’une meilleure compréhension de la laïcité. Notre Eglise doit s’inscrire dans ce nouveau contexte et chercher des synergies avec les autres acteurs de la société.

En conséquence, le Synode régional exhorte

les Eglises locales à :

  • o porter leurs actions pour la sauvegarde de la création dans la prière
    o offrir des temps de ressourcement au cœur de la nature
    o s’insérer dans les Saisons de la création par une ou plusieurs célébrations
    o appeler chacun de leurs membres à entrer personnellement dans la démarche de conversion écologique et à mettre à leur disposition des conseils pratiques
    o revisiter leurs projets de vie en prenant en compte leur empreinte écologique
    o entrer dans la démarche Eglise verte
    o redécouvrir les enjeux spirituels du jeûne
    o soutenir le projet de citoyenneté écologique des éclaireurs unionistes
    o construire des projets innovants de solidarité avec la Fédération de l’entraide protestante, la Cimade ou d’autres acteurs de la société
    o s’intéresser aux enjeux écologiques et sociaux, oser une parole publique et savoir résister à des projets inutiles ou dangereux
  • le Conseil Régional à :

    o relayer les initiatives de notre Eglise et de la Fédération Protestante de France auprès des Eglises locales

    o mettre à disposition les ressources dont elles ont besoin (recommandations pratiques, textes liturgiques, manuels catéchétiques).

  • le Synode National à :

    o étudier la création d’un poste spécialisé, accompagné d’une commission, pour susciter et développer des initiatives en matière de spiritualité, de théologie et d’actions écologiques (cf. démarche de l’Union des Eglises Protestantes d’Alsace et de Lorraine) ;

    o engager le dialogue avec les autres Eglises aux niveaux national et international pour partager les informations et les bonnes pratiques écologiques ;

    o ce que notre Eglise devienne marraine de la démarche Eglise Verte, par une promotion active et un soutien financier de ce processus

    o solliciter l’Institut Protestant de Théologie sur la création d’un cursus d’enseignement et de recherche de théologie écologique ;

    o veiller à intégrer ce cursus dans la formation des nouveaux pasteurs.
    o recevoir et promouvoir les déclarations ecclésiales internationales qui engagent les Eglises sur l’écologie. 79 voix Pour/1 contre

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