PAPE FRANCOIS – Un explorateur au Vatican

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Capture d’écran 2020-05-15 à 21.39.23Parmi les rencontres qu’a vécu récemment le pape François, on peut noter l’entretien qu’il a eu avec l’explorateur suisse Bertrand Piccard. Le créateur de la Fondation Solar Impulse lui a fait part de son engagement et estime possible une croissance écologique.

Extrait des propos recueillis par Nicolas Senèze pour LA CROIX / 15 mai

La Croix : Pourquoi avoir voulu rencontrer le pape François ?

Bertrand Piccard : Je n’avais auparavant jamais rencontré de pape, mais François est le premier que j’avais envie de rencontrer. Avec son encyclique Laudato si’, il est le premier qui a le courage d’aborder de front la question des inégalités, de la pauvreté, des exclus et de l’environnement en voulant rassembler plutôt que de cliver. C’est quelque chose que j’admire beaucoup et je voulais lui proposer de travailler ensemble sur des solutions concrètes (1).

Comment vous retrouvez-vous dans Laudato si’ qui, d’une certaine manière, envisageait ce que nous nous traversons avec la crise du coronavirus ?

B. P. : Dans Laudato si’, le pape souligne bien les atteintes à l’humanité et à la planète dans le but de s’enrichir. Avec le Covid-19, on a vu les conséquences gravissimes de cette attitude : la consommation de certains animaux sur des marchés populaires chinois a dégénéré et les délocalisations pour gagner un peu d’argent sur les salaires nécessaires à la production ont créé des ruptures d’approvisionnement. L’encyclique parle bien de cette impérieuse nécessité d’avoir une attitude plus responsable avec le monde, mais ce qu’elle dit n’est pas forcément compréhensible pour ceux qui n’ont pas l’élévation nécessaire. Il faut pouvoir toucher ceux qui s’enrichissent sur le dos des autres et de l’environnement.

Que voulez-vous dire ?

B. P. : Il ne suffit pas de dire qu’il faut respecter le monde que Dieu nous a confié. À côté du spirituel, il faut un autre niveau, plus pragmatique, où l’on montre que protéger l’environnement peut créer des emplois et faire gagner de l’argent. Si tout le monde n’entre pas dans la logique du changement, nous continuerons une société à deux vitesses. (…)  Aujourd’hui, on est soit dans une logique de croissance quantitative, où on consomme, on gaspille et on jette, soit dans une vraie décroissance qui amènera beaucoup de pauvreté. Une croissance qualitative, au contraire, est une croissance qui crée des emplois et où des entreprises font des profits en remplaçant ce qui pollue par ce qui protège l’environnement. Je crois que c’est un langage qui peut toucher ceux qui ont été rejoints par Laudato si’ comme ceux qui résistent aux arguments spirituels. (…)

Pour rappel : La fondation Solar Impulse de Bertrand Piccard s’est donnée pour but de labelliser au moins 1 000 projets innovants ayant démontré leur rentabilité financière tout en protégeant l’environnement (Rens. : solarimpulse.com)

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