LIVRE – Reculer pour mieux avancer ?

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L’ami Dominique Greiner, de La Croix, propose une recension d’un ouvrage collectif publié récemment et qui pose la question de la relation entre … les Eglises et l’écologie ! Mais où ont-ils cherché un titre pareil ?

Pas sur de partager complètement les conclusions de ces réflexions un peu lointaines… Sur le terrain, beaucoup de choses bougent et cela n’est pas toujours accessible à la seule approche universitaire….

Ce collectif revient sur l’histoire de l’engagement des Églises dans le domaine de l’écologie. Il part d’un constat : les Églises, porteuses d’innovations majeures en Europe depuis la fin du XVIIIe (lutte contre la pauvreté, esclavage, alcoolisme ; éducation, promotion des droits des femmes…), ont joué une faible influence en matière d’écologie.Non qu’elles ne se soient pas intéressées à la question. Seulement, la préoccupation écologique est restée cantonnée à quelques milieux : « Les élites protestantes et orthodoxes, sous l’impulsion du Conseil œcuménique des Églises (COE) avaient été en effet parmi les précurseurs pour une prise en compte de la dimension environnementale dans la théologie. (…) Autant du côté catholique que protestant, une élite de théologiens a bien émis des critiques dans l’inaction pour la cause environnementale des Églises et de leurs membres », relèvent Christophe Monnot et Frédéric Rognon dans leur introduction. Mais « cet important travail intellectuel s’est presque perdu jusqu’à ce que l’encyclique du pape François fasse revivre, trente ans plus tard, les grands traits de cette réflexion théologique », déplorent-ils. Les contributions (théologie, histoire, sociologie, sciences politiques) réunies ici mettent en évidence les raisons qui ont freiné l’engagement écologique des communautés chrétiennes. On y découvre notamment les réticences exprimées à l’encontre du processus « Justice, paix et sauvegarde de la Création », lancé par le Conseil œcuménique des Églises au début des années 1980. Côté protestant, l’activisme écologique est suspecté de vouloir prendre la place de Dieu en prétendant sauver le monde. Côté catholique, on se méfie d’une thématique portée par des théologiens de la libération. Car « ce sont surtout des prêtres et théologiens engagés dans les pays du Sud qui essaient de faire entendre leurs voix au sein du catholicisme ». Comme le Brésilien Leonardo Boff, ou l’Irlandais Sean Mc Donagh – qui a contribué à la rédaction de l’encyclique Laudato si’–, missionnaire aux Philippines et témoin dans les années 1970 de la destruction de la forêt tropicale et de son impact sur la population. Le « plafond de verre institutionnel » concernant l’écologie est-il en train de se fissurer ? Les auteurs restent prudents dans leur réponse. Car si Laudato si’ a bien contribué à remettre l’écologie sur l’agenda des Églises, ils observent aussi que l’engagement résolu des communautés chrétiennes se fait encore attendre.

Eglises et écologie, Labor et Fides, 212 p., 19 €

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