PÂQUES 3/50 – Quand la vie religieuse féminine fait sa révolution

Le 17 avril, une première expérience de dialogues menés par des religieuses catholiques de l’Union internationale des supérieures générales (UISG) a été mené à Rome autour des appels de l’encyclique Laudato si. Un article récent de Linda Bordoni en rend compte.

Il s’agir pour elle d’interpeller les organisations internationales, les gouvernements, la société civile, les institutions du Vatican et le monde universitaire sur trois thèmes, notamment: l’intégration des réponses au changement climatique et à la perte de biodiversité; l’intégration de la protection des personnes et de la planète; et l’intégration de la vulnérabilité dans le leadership.

C’est l’initiative « Sisters Advocating Globally » qui fut lancée en juillet 2020 qui se déploie ainsi, soutenue par le Fond de solidarité globale, lui même fruit d’une alliance entre des acteurs du développement, du secteur privé et des communautés catholiques. C’est notamment en formant des religieuses à la médiation et à l’accompagnement. Des projets sont nés ainsi pour oeuvrer dans le domaine du trafic des êtres humains, en lien avec le projet Talitha Kum et Sowing Hope for the Plaent. Le projet Migrations internationales est aussi en plein développement cette année

En novembre 2023, se déroulera le premier forum de plaidoyer de l’Union internationale des supérieures générales, qui se tiendra à Rome . Sœur Maamalifar Poreku, religieuse missionnaire de Notre-Dame d’Afrique, co-secrétaire exécutive du Bureau de l’UISG pour la justice, la paix et l’intégrité de la création et coordinatrice du projet « Semer l’espoir pour la planète » de l’organisation, a expliqué pourquoi elle pense que les sœurs sont en mesure de faire la différence dans un scénario mondial, où les engagements en matière de changement climatique sont constamment ignorés et où les personnes et les pays vulnérables sont de plus en plus menacés et frappés.

«Il ne s’agit pas seulement des êtres humains, car l’être humain et les autres créatures sont interconnectés. L’idée est de voir comment donner aux sœurs à la base les moyens d’être proactives en contribuant à la reconstitution de la biodiversité et en provoquant un changement climatique positif, car pour l’instant, le changement climatique que nous observons est négatif»,

Comme «nous le dit le Pape François, le changement climatique et la dégradation de l’environnement ne sont pas seulement une question sociale», mais «ils sont profondément liés à la foi et, en tant que sœurs religieuses, la base de tout ce qu’elles font est la foi qui leur permet de se « connecter » au Créateur et à l’ensemble de la Création». Il y a aussi la conscience, a-t-elle ajouté, que seules, nous «ne sommes pas équipées pour faire face à cette situation parce qu’elle est si vaste et que nous n’avons pas toutes les connaissances nécessaires pour y faire face», a-t-elle dit, mais en éduquant les sœurs à s’engager avec les communautés de base – celles qui sont les plus touchées par le changement climatique et la perte de biodiversité – nous pensons que nous pouvons générer une action positive qui aura des résultats concrets.

«Il y a beaucoup de discussions au sommet, beaucoup de résolutions, beaucoup de promesses, mais à la fin, ces promesses n’aboutissent à rien, donc les gens à la base ne croient plus en ces promesses», a expliqué la religieuse. Le projet prévoit donc de fournir aux sœurs des compétences qui leur permettront de travailler directement avec les communautés touchées. Nous avons donc eu 44 sœurs qui ont présenté des projets qu’elles vont mettre en œuvre»

«Nous avons besoin de petites choses [et d’actions] qui deviennent grandes», a poursuivi sœur Maamalifar, «pour changer le cours de la tendance négative à laquelle nous assistons, et réitérant sa conviction que le véritable changement vient de la base», elle a expliqué que «ceux qui sont au sommet ne ressentent pas l’effet de ce qui se passe actuellement». Le changement, a-t-elle dit, viendra de ceux qui supportent le poids du changement climatique et de la perte de biodiversité «une fois qu’on les aura aidés à comprendre pourquoi ils souffrent, ce qui cause leur souffrance et qu’on leur aura donné les moyens d’agir».

Les sœurs, a-t-elle reconnu, mènent une révolution: mais, «pas une révolution avec des fusils, pas une révolution avec des armes, mais une révolution par de petites actions». «Nous voulons que les gens sachent ce qui leur arrive et donc qu’ils comprennent, d’abord, et ensuite qu’ils agissent, des actions qui peuvent apporter une transformation. C’est la révolution que nous menons», a-t-elle expliqué.

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