Des pêcheurs indiens mobilisés contre la centrale

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Si en France le nucléaire civil est une vieille affaire qui commence à montrer ses limites et les difficultés de sa gestion (notamment en fin de vie), ailleurs, cette industrie naissante continue de faire des vagues. Un exemple parmi d’autre : la centrale indienne du Kudankulam, dans l’Etat du Tamil Nadu. Le projet remonte en fait à 1988 mais les travaux n’ont commencé qu’en 1997, selon les plans d’une centrale de technologie russe. Des travaux retardés à maintes reprises, notamment du fait des protestations locales. Un lieu de crispation sociale donc depuis de longues années. « Une grave crise humanitaire est entrain d’y naîtré », témoigne  le Fr. X.D. Selvaraj, un religieux mobilisé sur place depuis un an, pour accompagner les protestataires qui sont majoritairement catholiques. « Depuis 392 jours, les pêcheurs de la région souffrent de la faim et de la misère en refusant de sortir pêcher et en protestant ainsi de manière pacifique contre ce projet. Leur droit à vivre et à survivre est en jeu. »

Dimanche, la police a arrêté près de 3000 personnes, dont des femmes et des enfants, qui marchaient pour atteindre le centre et ainsi empêcher l’arrivée des combustibles pour les réacteurs. La mobilisation est d’autant plus forte que le gouvernement du Tamil Nadu avait d’abord soutenu la cause des pêcheurs avant de retourner sa veste.  Depuis 5 ans, plus de 50 000 personnes ont participé à des jeûnes successifs. Le 11 septembre dernier, plus de 127 personnes du village de Idinthakarai avaient commencé un jeûne qui a duré 12 jours avant que le ministre en chef de l’Etat leur avait garanti l’arrêt du projet.

Mgr Yvon  Ambroise, évêque de Tuticurin, a lui aussi critiqué ce projet et la politique irrespectueuse des autorités.

« Pour la population locale, Kudankulam est devenue une question de survie, malgré que le gouvernement poursuive sa marche ne avant et mette ainsi en péril la vie de milliers de personnes et leur environnement. » 

Mgr Ambroise rappelle que l’Eglise locale soutient la démarche de ces pêcheurs, sans faire de distinctions sur leur religion, culture ou caste. Des démonstrations précédentes avaient déjà poussé le gouvernement à bloqué les donations étrangères au diocèse. Deux lettres pastorales ont déjà été produites sur ce sujet.

Pour Mgr Ambroise, « les autorités doivent trouver des solutions énergétiques alternatives à l’énergie atomique. La croissance et le développement sont nécessaires, mais pas au prix de vies humaines. Les personnes devraient être au centre des programmes économiques, et non pas contraintes par eux. (…) Le type de développement que le gouvernement indien promeut est celui des industriels qui sont implantés dans l’Etat, hors de toute considération pour la vie concrète des habitants sur place. Ceux qui travaillent pour les personnes et suivent les idéaux de l’Eglise catholique doivent se former et travailler sur les bases de l’Evangile, avec ferveur, optimiste et amour pour les plus pauvres. »

Source : Nirmala Carvalho, Asia News

 

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