ECOLOGIE INTEGRALE – Quand le débat prend corps

2018-ecologie-poisson-rose-philippe-de-roux.jpgCa va devenir l’épisode de l’été. Les différentes tribunes dans le Monde entre partisans différents d’une écologie intégrale continuent d’interpeller. Au tour du Figaro  d’entrée dans la danse. Dans son numéro du 1er août, il donne le parole à Philippe de Roux pour sa propre réflexion.

L’homme est cofondateur du mouvement politique des Poissons roses et codirecteur d’une ONG de développement. Il interpelle les économistes du dernier texte. Soulignant les points d’accord et de désaccord dans leurs approches respectives.

Dans une tribune dans Le Monde, des économistes chrétiens de renom, Gaël Giraud et Cécile Renouard, lancent un débat sur les fondements de «l’écologie intégrale», concept popularisé par la publication de l’encyclique Laudato’ Si du Pape François. Sur son compte Twitter, Gaël Giraud précise: «l’écologie intégrale n’est pas le concept conservateur (voir réactionnaire) auquel certains l’assimilent au sein de «Sens Commun» ou de «Limite». Elle renvoie à l’expérience pratique que l’écologie et la justice sociale sont inséparables». Le mérite de cette position est à la fois de rappeler le lien essentiel entre l’écologie et la justice, mais aussi de mettre en lumière des désaccords permettant d’approfondir la réflexion.

Nous traversons une crise écologique inédite et globale, à la fois environnementale, sociale et humaine. La crise écologique environnementale est celle qui touche nos écosystèmes, celle par exemple du réchauffement climatique qui s’accélère, conséquence d’une économie globale sur-carbonée, ou de l’effondrement effrayant de la «masse vivante» des espèces sauvages sous la pression de l’urbanisation, de la déforestation massive ou de la surexploitation des «stocks».

La crise écologique sociale est celle que traversent les populations les plus vulnérables dans les rapports de force mondiaux, en particulier dans les pays du Sud, les plus menacées par les déséquilibres et les pollutions. Elle contribue à élargir les inégalités entre les habitants de notre planète en surchauffe et à jeter sur les routes des centaines de milliers de migrants. Concrètement, dans une capitale régionale des Philippines, Cebu, 40 % des captages d’eau sont devenus inutilisables en deux ans en raison de la montée des océans et de la salinisation des nappes phréatiques. Des milliers d’autres situations de ce type, signe à la fois d’un dérèglement majeur et d’une prise de conscience globale, remontent via les réseaux sociaux à travers toute la planète. Les pays du Nord sont touchés, bien sûr, mais pour l’instant dans une moindre mesure.

Enfin, la crise écologique humaine est celle qui touche nos corps, qui sont aussi devenus le lieu de la cupidité marchande, de l’emprise de la technique et des rêves fous «d’augmentation». Par exemple, prenant conscience des conséquences néfastes de la prise récurrente de la pilule, de nombreuses femmes souhaitent désormais trouver des moyens non chimiques pour maîtriser leur fécondité, notamment en mettant à contribution leurs conjoints dans une saine répartition des responsabilités et des moyens. Face aux dérives antispécistes ou malthusiennes, l’écologie du corps est au cœur du combat écologique global car elle permet de situer la personne humaine à sa juste place dans l’écosystème, un corps limité en relation avec les autres personnes et les espèces vivantes qui cohabitent avec nous. Si elle a mauvaise presse et fait passer ses défenseurs pour les tenants d’un nouvel ordre patriarcal ou des réacs desséchés du sexe, c’est parce qu’elle touche au tabou du grand mouvement de l’émancipation sexuelle, qui pourtant ne comportait pas que des expériences bios. Récemment, la mesure votée au sein du parti majoritaire d’une gestion étatique des stocks de semence masculine en vue de PMA proposées et remboursées à des femmes qui ne sont pas stériles, participe de cette emprise de la technique sur nos corps, d’une artificialisation de plus qui pose des questions majeures sur la filiation paternelle. Tout combat politique est d’abord celui de la cohérence.

C’est bien sûr le cas de l’écologie. Il commence par cette écologie du corps que mettent trop vite de côté nos amis Gaël Giraud et Cécile Renouard, comme si c’était accessoire ou ringard au regard des «grands» enjeux. Tout est lié. C’est ce qu’ont compris intérieurement nombre de nos concitoyens, même s’ils n’ont pas toujours su trouver les mots justes pour le dire dans un contexte culturel hostile. D’une certaine manière, le bio sera global ou ne sera pas. Et ce combat écologique global nécessite à la fois une bienveillante jonction des énergies et une mobilisation massive qu’il faudra entendre, sur tous les sujets. Il y va de la survie de notre planè

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